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Saturday, 11 January 1879
Samedi, 11 janvier 1879
in the margin · note de Marie sur la page de titre du Livre 84
1879 Began drawing 4 October Rosalie ? began painting Monday 30 September 1878 received medal Tuesday 14 January 1879 Tuesday, Thursday 27 June 1878 Sunday 27 January 1878 the five women. Book 77, page 177 passage on the lovers which does me credit. quiet arrangement book 83, p. 140 a black hat like the one from Soden.
1879 Commencé dessiner 4 octobre Rosalie ? commencé peinture lundi 30 septembre 1878 reçu médaille mardi 14 janvier 1879 Mardi, Jeudi 27 juin 1878 Dimanche 27 janvier 1878 les cinq femmes. Livre 77, page 177 passage sur les amants qui me fait honneur. arrangement tranquille livre 83, p. 140 un chapeau noir comme celui de Soden.
And even in painting! Breslau knows artists, visits the great painters, sees their ateliers; whilst I! At the atelier everyone assumes I move in society and have every connection imaginable — this, combined with my fortune, separates me from the others and prevents me from asking them for anything, the way they ask each other about visiting a painter or an atelier... Judge the depth of my wretchedness.
Et même la peinture ! Breslau connaît des artistes, va chez les grands peintres, voit leurs ateliers; tandis que moi ! A l’atelier on croit que je vais dans le monde et que j’y ai toutes les relations imaginables, ceci joint à ma fortune me sépare des autres et ne me permet pas de leur demander quoi que ce soit comme elles le font entre elles pour aller chez un peintre ou visiter un atelier... Jugez de la profondeur de ma misère.
Amélie cordially hates me — the devil knows why — but she is polite and even agreeable. With the others I am on good terms. I would like to make it up with Breslau, who would be precious to me, but I have no desire to — she is a liar and sometimes false, all while enjoying a reputation for frankness and bluntness; that is what displeases me most. She is a crippled nature, and alongside good qualities one finds in her malice, baseness, and even cowardice.
Amélie me déteste cordialement, le diable sait pourquoi mais elle est polie et même aimable. Avec les autres je suis bien. Je voudrais me remettre avec Breslau qui me serait précieuse et je n’en ai pas envie, elle est menteuse et parfois fausse tout en ayant une réputation de droiture et de brutalité, c’est ce qui me déplaît le plus. C’est une nature estropiée et à côté de choses bonnes on y trouve de la méchanceté, de la bassesse et même de la lâcheté.
She says the most dreadful things about Amélie, and then, with an air of perfect loyalty, goes and tells her, out loud, that I speak ill of her — a silly thing, no doubt, but disgusting all the same. She has nothing against her, and if the occasion arises the reconciliation will take place.
Elle dit pis que pendre d’Amélie et puis avec un air loyal va lui dire et tout haut que j’en dis du mal, une bêtise sans doute mais ce n’en est pas moins dégoûtant, elle n’a rien contre, et si l’occasion se présente la réconciliation se fera.
It is true that whenever she happens to twist my words, I at once make a speech before everyone, without addressing her, which flattens her; and ten minutes later she answers it with a sally that nobody understands, since most of them are busy drawing and are foreigners — she is satisfied with it, but for the most part nobody has heard it. And if it is heard, and if it is something sensible, I answer it by addressing the whole company, and the last word is mine. Hence the anger1.
Il est vrai que quand il lui arrive de travestir mes paroles, je fais immédiatement devant tous et sans m’adresser à elle un speech qui l’aplatit et auquel elle répond dix minutes après par un trait que personne ne comprend, la majorité étant occupée à dessiner et étrangère, et dont elle se trouve satisfaite mais que pour la plupart personne n’a entendu. Et si on l’entend et si c’est quelque chose de sensé, j’y réponds en m’adressant à l’assemblée et le dernier mot me reste. Inde ira.
I worked honestly all week, until ten o’clock on Saturday evening. Then I came home and began to cry. Until now I have always turned to God, but since He does not hear me at all, I hardly... believe in Him any more. Only those who have felt this know all its horror. Not that I wish to preach religion out of virtue, but God is a very convenient thing. When one has no one to turn to, when one is at the end of one’s resources, one has God. It commits one to nothing, troubles nobody, and one has a supreme consolation.
J’ai honnêtement travaillé toute la semaine jusqu’à dix heures du soir du samedi. Puis je suis rentrée et me suis mise à pleurer. Jusqu’à présent je me suis toujours adressée à Dieu mais comme il ne m’entend pas du tout je n’y crois... presque plus. Ceux-là seuls qui ont éprouvé ce sentiment en comprennent toute l’horreur. Ce n’est pas que je veuille prêcher la religion par vertu, mais Dieu est une chose bien commode. Quand on n’a à qui s’adresser, quand on est à bout de moyens on a Dieu. Cela n’engage à rien et n’inquiète personne et l’on a une suprême consolation.
Whether He exists or not, one must believe in Him absolutely — or else be very happy, and then one can do without Him. But in grief, in misfortune, in every disagreeable thing, in short, it is better to die than not to believe in Him. God is an invention that saves us from final despair.
Qu’il existe ou non, il faut y croire absolument ou bien être très heureux, alors on s’en passe. Mais dans le chagrin, dans le malheur, dans toutes les choses désagréables enfin, il vaut mieux mourir que ne n’y pas croire. Dieu est une invention qui nous sauve d’un désespoir définitif.
Just think what it means to call upon Him as one’s last or only resource and not to believe in Him.
Songez donc ce que c’est quand on l’invoque comme sa dernière ou unique ressource et qu’on n’y croit pas.
Notes
In Latin in the original: Inde ira. ↩