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Tuesday, 5 February 1878
It has been four months since I began drawing. Four months!Mardi 5 février 1878Il y a quatre mois que je dessine. Quatre mois !
Berthe is chattering and stupid, though sly and occasionally amusing. The Comte d’Abzac is in the drawing room; I have lowered the blind and closed the doors. I have no desire to see that red beard, that twitch about the eyes, and that big body, which is not badly built. They say he is witty — I do not find it so. Perhaps it is I who am stupid.
Berthe est bavarde et bête quoique rouée et drôle quelquefois. Le comte d’Abzac est au salon, j’ai baissé le store et fermé les portes. Je ne tiens pas à voir cette barbe rouge, ce tic dans les yeux et ce grand corps pas mal fait. On dit qu’il a de l’esprit, je ne trouve pas. Peut-être est-ce moi qui suis bête.
To go to the Opéra ball, or not to go?
Aller au bal de l’Opéra ou ne pas y aller?
My good fellow amuses me, but I am afraid of giving too much of myself. I hope he will come on Saturday to hear Mme de Fayet sing:
Mon brave homme m’amuse mais je crains de me prodiguer. J’espère qu’il viendra samedi pour entendre chanter Mme de Fayet :
“Vivre seul ici bas sans amour, sans mystère”1 is a charming bachelor’s song, no doubt, in which the author tells how the bird follows his fleeing mate through the woods, the breeze gently stirs the leaves, the murmuring waves caress the shore, day seeks night and night seeks day — in short, everything is in pursuit except the author, who, weary of the whole affair, begs the good Lord to take back his life. Mme de Fayet has a way of murmuring the word amour, which recurs very often — a way of dwelling on that poor word amour, that if I were a man and found myself alone with her while she sang this song, I would pile all the furniture in front of me, and I doubt it would make a sufficient barricade.
« Vivre seul ici bas sans amour, sans mystère ». C’est une charmante romance de célibataire sans doute ou l’auteur raconte comment l’oiseau suit dans les bois sa compagne qui fuit, la brise doucement agite le feuillage, les flots en murmurant caressent le rivage, le jour cherche la nuit et la nuit cherche le jour, bref tout est poursuivi excepté l’auteur qui de guerre lasse prie le bon Dieu de reprendre sa vie. Mme de Fayet a une façon de murmurer le mot amour qui revient fort souvent, une façon d’appuyer sur ce pauvre mot amour, que si j’étais homme et si je me trouvais seul avec elle et si elle chantait cette romance j’entasserais devant moi tous les meubles et je doute que ce soit une barricade suffisante.
Monsieur d’Abzac takes his leave. Farewell, dear Monsieur — do not come back too often.
Monsieur d’Abzac s’en va, adieu cher Monsieur, ne reviens pas souvent.
This evening we go as planned with the Boyds to a ball given by an Irish lady — half mad, elderly, and covered in diamonds. I am dressed by Laferrière2 and consequently look well enough. Our entrance at around midnight (I drew until nine) creates something of a sensation.
Ce soir nous allons toujours avec les Boyd à un bal donné par une dame irlandaise à moitié folle, vieille et couverte de diamants. Je suis habillée par Laferrière et par conséquent pas mal. Notre entrée vers minuit (j’ai dessiné jusqu’à neuf heures) fait une espèce de sensation.
I did not dance — it is too stupid. An Englishman with whom I had danced at Miss Fishburn’s has fallen in love with me.
Je n’ai pas dansé, c’est trop bête. Un Anglais avec qui j’ai dansé chez Miss Fishburn est tombé amoureux de moi.
It is true, I assure you — he did not leave my side, and one had only to look at him to guess “the state of his heart.” I watch them all pass by as in a dream and barely know the name of this poor man.
C’est vrai je vous assure, il ne m’a pas quittée et rien qu’à le voir on devinait « l’état de son cœur ». Je les vois tous passer comme en rêve et sais à peine le nom de ce pauvre homme.
Madame Yorke, Dina, myself, and Messieurs d’Andigné, de Beaurepaire, and my Englishman withdraw to a sort of pantry, where we spend the better part of the evening laughing, because M. de Beaurepaire, who is considered one of the most amusing men in Paris, kept us amused. I was not too bored, because everyone who saw me looked at me. We bring the Boyds home to supper — they say disgusting things that make one laugh. I will never forgive Berthe for having removed her mask. It was ignoble.
Madame Yorke, Dina, moi et Messieurs d’Andigné, de Beaurepaire et mon Anglais, nous isolons dans une espèce d’office où nous passons une grande partie de la soirée à rire parce que M. de Beaurepaire, qui est considéré comme un des hommes les plus amusants de Paris nous amusait. Je ne me suis pas trop ennuyée parce que les gens qui m’ont vue m’ont regardée. Nous amenons souper chez nous les Boyd qui disent des saletés qui dégoûtent mais font rire. Je ne pardonnerai jamais à Berthe d’avoir ôté son masque. C’était ignoble.
This charming beauty stays at the atelier until four o’clock, then from four to seven walks out with her Englishman, who comes to collect her — and the concierge at number 36 never announces him, so one may in good faith suppose it is her sister who comes to fetch her. I am in on the secret, since the English nymph is supposed to be at my house until seven. This may end badly for her if she is not careful, for the hero is one of those depraved, cold, unscrupulous Franco-English types who nonetheless hold very virtuous opinions. I have seen him once and never spoken to him — so I may be wrong.
Cette charmante beauté reste jusqu’à quatre heures à l’atelier et de quatre à sept se promène avec son Anglais qui vient la chercher et que la concierge du 36 n’annonce jamais de sorte que l’on peut honnêtement supposer que c’est sa sœur qui vient la chercher. Je suis dans le secret puisque la nymphe anglaise est censée être chez moi jusqu’à sept heures. Cela pourra mal finir pour elle si elle ne prend garde, car le héros est un de ses Anglais-français dépravés, froids et sans scrupules tout en ayant des idées très vertueuses. Je l’ai vu une fois et je ne lui ai jamais parlé, je puis donc me tromper.
Quite a few partners — among others Baron d’Alt.
Pas mal de cavaliers, entre autre le baron d’Alt.
Notes
The opening line of the romance, which Marie quotes in French: “To live alone here below without love, without mystery.” ↩
Laferrière: a fashionable Paris couturier of the period. ↩