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Wednesday, 8 November 1876 (27 October)
There is an arshin1 of snow on the ground, but the weather is clear and fine. We went sleighing again, in a bigger sleigh just as badly fitted out, for the snow is not yet firm enough to bear the heavy iron-shod sleighs.Mercredi 8 novembre 1876 (27 octobre)
Paul was driving, and taking advantage of the moments when Pacha was sitting most awkwardly, he would send the horses off at full gallop, spattering us with snow, making the green man cry out and my venerable self laugh.
Paul conduisait et profitant des moments où Pacha était le plus mal assis, il lançait les chevaux à fond de train nous éclaboussant de neige et faisant crier l’homme vert et rire ma vénérée personne.
He took us along filthy roads and into such drifts of snow that we did nothing but beg for mercy and laugh.
Il nous mena par de sales chemins et dans de tels amas de neige que l’on ne fit que demander grâce et rire.
A sleigh ride, however serious one may be, always seems like child’s play.
La promenade en traîneau, quelque sérieux qu’on soit, semble toujours un jeu d’enfant.
The cold frightened me less; I had only my pelisse and an otter toque, which left my movements freer, and my words too.
Le froid m’épouvantait moins, je n’avais que ma pelisse et une toque de loutre, cela rendait mes mouvements plus libres et mes paroles aussi.
In short, for want of anything better, I flirted with Pacha, and with premeditation.
Bref, faute de mieux j’ai été coquette avec Pacha avec préméditation.
In the evening I sat down at the piano, and my father came to sing airs from Bluebeard,2 but, tired of that wretched music, I played the reading of Venus’s letter, an adorable piece in La Belle Hélène. But La Belle Hélène is a ravishing composition: Offenbach was just beginning then and had not yet cheapened himself by turning out twopenny operettas.
Le soir je me mis au piano et mon père vint chanter des airs de Barbe-Bleue mais lasse de cette fichue-musique je jouai la lecture de la lettre de Vénus, un adorable morceau qui se trouve dans “La Belle Hélène”. Mais “La Belle Hélène” est une composition ravissante, Offenbach commençait et on s’était pas encore encanaillé à force de faire des opérettes à deux sous.
This music drove my father away and brought Pacha. I played it for him; it is his favourite piece.
Cette musique chassa mon père et amena Pacha. Je le jouai pour lui, c’est son morceau favori.
I played for a very long time... I no longer know what, something slow and passionate, tender and adorable, as only Mendelssohn’s Songs without Words can be when they are well understood.
Je jouai fort longtemps... je ne sais plus quoi, quelque chose de lent et de passionné, de tendre et d’adorable, comme les romances sans paroles de Mendelssohn bien comprises peuvent seules être.
— How beautiful it is... said my listener, coming to sit nearer, but at a distance.
- Comme c’est beau... dit mon auditeur en venant s’asseoir plus près, mais à distance.
— Yes, it is beautiful, I answered.
- Oui c’est beau., répondis-je.
— You see, I do have taste...
- Vous voyez bien que j’ai du goût...
— Yes, in music, whereas in other things...
- Oui en musique tandis qu’en autres choses...
— Well, since I like you...
- Aussi, puisque vous me plaisez...
I turned round sharply.
Je me retournai vivement.
— Yes, I said.
- Oui, dis-je.
— Will you take some tea? he asked.
- Vous prendrez du thé ? demanda-t-il.
— Come along.
- Allons.
— Do you like music? I asked, sitting down to tea in the drawing room.
- Vous aimez la musique ? demandai-je en m’asseyant au salon devant le thé.
— Very much.
- Beaucoup.
He had quite melted; I was at my ease, but, remembering the horrible Antonelli, I let myself slide languidly down the cushions of the divan and little by little spoke of “that insult you know of”. Without naming anyone and without saying anything more... And as he questioned me, I answered only:
Il était tout à fait ramolli, j’étais à mon aise, mais me souvenant de l’horrible Antonelli je me laissai mollement glisser sur les coussins du divan et peu à peu parlai de “cette insulte que vous savez”. Sans nommer personne et sans rien dire d’autre... Et comme il me questionnait je répondis seulement :
— If you knew what that man tried to do to me, you would tear him to pieces.
- Si vous saviez ce que cet homme a voulu me faire vous le déchireriez en morceaux.
— Ah! he cried, with that violence which is peculiar to him and which seems affected, why talk like that? It is to make me go and get my head broken.
- Ah ! s’écria-t-il avec cette violence qui lui est propre et qui semble affectée, pourquoi parler ainsi ? C’est pour me faire casser la tête.
I drank four cups of tea while talking about music.
Je pris quatre tasses de thé en parlant de musique.
— It has a great influence on me, said the green man, I feel quite strange [One word crossed out]. It has an effect on me... a sentimental one... and while listening to it one says what one would never dare say otherwise.
- Elle a une grande influence sur moi, dit l’homme vert,je me sens tout étrange [Mot cancellé]. Elle me produit un effet... sentimental... et en l’écoutant on dit ce qu’on n’oserait jamais dire autrement.
— It is a traitress, Pacha; beware of Music, it makes one do many things one would not do with a cool head. It seizes you, entangles you, carries you away... and then, and then it is terrible.
- C’est une traîtresse, Pacha, méfiez-vous de la Musique, elle fait faire bien des choses qu’on ne ferait pas la tête reposée. Elle vous empoigne, vous entortille, vous entraîne... et puis et puis c’est terrible.
I spoke of Rome and of the clairvoyant Alexis; Pacha listened and sighed in his corner, and when he came near the light the expression of his face told me more than all the words in the world... how the poor young man was suffering.
Je parlai de Rome et du somnambule Alexis, Pacha écoutait et soupirait dans son coin et quand il s’approcha de la lumière l’expression de sa figure me dit plus que toutes les paroles du monde... ce que le pauvre garçon souffrait.
(Note this ferocious vanity, this greed to witness the ravages one has caused. I am a vulgar coquette, or else... no, a woman, that is all.)
(Remarquez cette vanité féroce, cette avidité de constater des ravages dont on est la cause. Je suis une vulgaire coquette ou bien., non, femme, voilà tout).
— So we are melancholy this evening? I said softly.
- Nous sommes mélancolique ce soir ? dis-je doucement.
— Yes, he said with an effort, you played, and I do not know, I have a fever, I think.
- Oui, fit-il avec effort, vous avez joué et je ne sais, j’ai la fièvre, je crois.
— Go to bed, my friend; I am going up, only help me carry these books.
- Allez dormir, mon ami, je vais monter, seulement aidez-moi à porter ces livres.
Fie! what dirty boasting! Please do not accuse me; I accuse myself well enough, and besides it is not my fault.
Fi ! la sale vantardise ! Je vous en prie ne m’accusez pas, je m’accuse bien moi-même et puis ce n’est pas ma faute.
This saint is martyred instead of an Audiffret being punished. Venus is unjust.
On martyrise ce saint au lieu de punir un Audiffret. Vénus est injuste.
What am I thinking of? Of taking revenge on Antonelli, or else of seeing Grand Duke Nicholas—
A quoi je pense ? A me venger d’Antonelli ou bien à voir le grand-duc Nicolas-
Notes
Arshin (Russian аршин): an old Russian measure of length, 71.12 cm (28 inches). Marie means roughly seventy centimetres of snow. ↩
Presumably Offenbach’s comic operetta (1866), a burlesque of the fairy tale. ↩