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Wednesday, 18 August 1875
Mercredi 18 août 1875
We spend the day admiring me. Maman admires me, the princess really does admire me: she keeps saying that I look like her or that I look like her son.
Nous passons la journée à m’admirer. Maman m’admire, la princesse m’admire réellement, elle ne fait que dire que je lui ressemble ou que je ressemble à son fils.
Now that is the greatest compliment anyone can pay, for no one thinks better of anybody than of oneself. Walitsky admires me, and finally I admire myself.
Or c’est le plus grand compliment qu’on puisse faire, on ne pense de personne mieux que de soi. Walitsky m’admire et enfin je m’admire.
The truth is that I really am very pretty.
C’est que vraiment je suis bien jolie.
In Venice, in the Palazzo Ducale, in the great hall, the ceiling painting by Paolo Veronese shows Venice in the form of a woman, tall, fair and fresh. I am like that painting. My photographic portraits will never be able to show me properly; the colour is missing, and my freshness, my matchless whiteness, are my chief beauty.
A Venise dans le palazzo ducale, dans la grande salle, la peinture du plafond par Paul Véronèse représente Venise sous les traits d’une femme, grande, blonde, fraîche. Je rappelle cette peinture. Mes portraits photographiques ne pourront jamais bien me représenter, la couleur manque et ma fraîcheur, ma blancheur sans pareille sont ma principale beauté.
I am completely in love with myself, with my beautiful golden hair. All my features are gracefully rounded; I ought to be painted as the Fair Helen. I am not beautiful like Juno, but I have the grace and simplicity of Venus.
Je suis complètement amoureuse de moi, de mes beaux cheveux dorés. Tous mes traits sont gracieusement arrondis, on devrait me peindre en Belle Hélène. Je ne suis pas belle comme Junon, mais j’ai la grâce et la simplicité de Vénus.
But let anyone put me in a bad temper, let me become displeased with something, let me grow tired, and farewell to my beauty. Nothing is more fragile than I am.
Mais qu’on me mette de mauvaise humeur, que je devienne mécontente de quelque chose, que je me fatigue, adieu ma beauté. Rien de plus fragile que moi.
Only when I am happy and at peace am I adorable.
Quand je suis heureuse, tranquille, alors seulement je suis adorable.
Unfortunately I am at a disadvantage in full dress; I must be as little dressed as possible: a long white garment like the goddesses of antiquity suits me best. I know no one with so much grace. Full dress and a great many ornaments embellish plain women, or regular beauties. I know what suits me, and I dress as much as I can like a goddess of Olympus.
Malheureusement je perds en grande toilette, il me faut être aussi déshabillée que possible, un long vêtement blanc comme les déesses anciennes me sied le mieux. Je ne connais à personne autant de grâce. Une grande toilette et beaucoup d’ornements embellisent les laides ou les beautés régulières. Je sais ce qui me va et m’habille autant que possible en déesse de l’Olympe.
I boast of my beauty, but if anyone does not believe me, let them ask those who have known me. From this day on I discard the little that remained modern in my dress, and we shall see.
Je vante ma beauté mais si on ne me croit pas qu’on demande à ceux qui m’ont connue. Depuis ce jour je rejette le peu de modernité qui restait dans ma toilette et on verra.
What a pity that one can dress like this only at home or in the evening; to go out by day one needs those detestable dressy clothes. I speak of myself as of a stranger, and I do it for posterity, for if I become famous I do not want people to be lost in conjecture, as they are over so many famous women; there will remain a great many portraits of me, and descriptions besides.
Quel dommage que ce n’est qu’à la maison ou le soir qu’on puisse s’habiller ainsi, pour sortir le jour, il faut ces détestables habits habillés. Je parle de moi comme d’une étrangère, et cela pour la postérité, car si je deviens célèbre, je ne veux pas qu’on se perde en conjectures, comme pour tant de femmes célèbres, il restera une quantité de mes portraits et de plus des descriptions.
When I am tired or cross I am not beautiful, but rather ugly.
Quand je suis fatiguée ou fâchée je ne suis pas belle mais plutôt laide.
I blossom in happiness like flowers in the sun.
Je m’épanouis au bonheur comme les fleurs au soleil.
Few people have seen me at my best advantage — I was foolish enough to dress up elaborately. But I shall be seen; there is time enough, God be thanked. I am only beginning to become what I shall be at twenty. From that moment on, all who know me will say I spoke the truth.
Peu de personnes m’ont vue à mon meilleur avantage, j’avais la bêtise de faire des toilettes. Mais on me verra, on a le temps, Dieu merci. Je ne fais que commencer à devenir ce que je serai à vingt ans. Depuis ce moment tous ceux qui me connaîtront diront que je dis vrai.
In the street, I am at a disadvantage.
Dans la rue, je perds.
After writing that I find myself much less well and begin to be bored. I look through my photographs for the hundredth time, then drink three cups of milk, then look at the photographs again, then sigh, then make the round of the room, then settle into an armchair and do not stir again, overwhelmed by idleness and the fatigue of resting without cease.
Après avoir écrit cela je me trouve beaucoup moins bien et commence à m’ennuyer. Je revois pour la centième fois mes photos, puis je bois trois tasses de lait, puis regarde de nouveau les photos puis soupire, puis fais le tour de la chambre, puis me mets dans un fauteuil et ne bouge plus, accablée par l’oisiveté et la fatigue de me reposer sans cesse.
We receive a letter from my aunt. “Tell Marie that Girofla came to Nice, sold an estate, and departed.”
On reçoit une lettre de ma tante. « Dites à Marie que Girofla est venu à Nice, a vendu une terre et est reparti. »
What do I care? I half-expected him here even before the letter — I am also waiting for Saetone, I am waiting for anyone at all; I am like Hagar in the wilderness.1 I wait and I long for a living soul.
Qu’est-ce que ça me fait ? Je l’attendais vaguement ici, avant la lettre, j’attends aussi Saetone, j’attends n’importe qui, je suis comme Agar dans le désert. J’attends et je désire une âme vivante.
During supper, the military attaché from Berlin comes in to have supper — we call him simply “the attaché.” He comes with a lady and a gentleman; the lady is elderly and lame. He is suggested to me as an amusement, but he is not handsome and above all pays me no attention whatsoever.
Pendant le souper, vient souper l’agent militaire à Berlin, que nous nommons simplement l’agent. Il vient avec une dame et un monsieur, la dame âgée et boiteuse. On me le propose comme distraction, mais il n’est pas beau et surtout ne fait aucune attention à moi.
Ah! How bored I am!
Ah ! que je m’ennuie !
Notes
In Genesis 21, Hagar is cast out into the wilderness of Beersheba with her son Ishmael. Marie invokes her image of utter abandonment and longing. ↩