Diary of Marie Bashkirtseff

[Lundi, 2 mars 1874]

I wait in vain for Allard -- one hour, one and a half, at last two hours and he is not here. In despair I go to weep in the yellow salon, and in the very middle of my abundant tears the guilty one arrives. He is very confused to see me weeping and now I pity him, but at the time I scolded him roundly. He does my hair exactly as I like, two curls behind (brown dress, black hat -- good); I dress quickly, quickly, and though my eyes are all red and swollen despite having washed my face, we leave. I am pleased with the hairstyle, which under this hat is admirable; this hat suits me so well.

[J'attends en vain Allard, une heure, une heure et demie, enfin deux heures il n'est pas là. De désespoir je vais pleurer dans le salon jaune et au beau milieu de mes larmes abondantes vient le coupable. Il est très confus de me voir pleurer et maintenant je le plains, mais alors je l'ai rudement réprimandé. Il me coiffe tout à fait comme j'aime, deux boucles derrière (robe brune, chapeau noir *bien),* je m'habille vite, vite et les yeux tous rouges et enflés malgré que je me suis lavée la figure, nous partons. Je suis contente de la coiffure qui sous ce chapeau est admirable; ce chapeau me va si bien.]

But by the time we arrive at Valrose the air has refreshed me and somewhat restored my eyes. It is for the second time that I see this immense, superb, astonishing, magnificent villa, which transports you and involuntarily inspires in you a sense of its grandeur and its wealth and its bad taste. Ruins (false), cascades, grottoes, statues, fountains, plains, hills -- everything is there in profusion.

[Mais jusqu'à ce que nous arrivons à la Valrose l'air me rafraîchit et m'arrange un peu les yeux. C'est pour la deuxième fois que je vois cette villa immense, superbe, surprenante, magnifique et qui vous transporte et vous inspire involontairement le sentiment de sa grandeur et de sa richesse et de son mauvais goût. Ruines (fausses), cascades, grottes, statues, fontaines, plaines, collines, tout s'y trouve à profusion.]

The architecture of the house is atrocious, and it is pitiful to see so much money spent to build such an obelisk.

[L'architecture de la maison est atroce et cela fait pitié de voir tant d'argent employé pour bâtir un pareil obélisque.]

Besides the house, there is a quantity of outbuildings, the courtyard entirely covered in dressed stone above terraces, and finally the new concert hall in white stucco and pale blue velvet. A box in the shape of a shell for M. and Mme von Derwies. I was thinking, watching them in the midst of all this splendour, seated like princes, that it is not twenty years since monsieur was a poor clerk and madame had two cotton dresses, wearing one while the other was being washed, and forced to go to market herself with a basket under her arm, without a hat.

[Outre la maison, il y a une quantité de dépendances, la cour toute couverte en pierre de taille par-dessus terrasses et enfin la nouvelle salle de concert en stuc blanc et velours bleu tendre. Une loge en forme de coquille pour M. et Mme von Derwies. Je pensais en les regardant au milieu de toutes ces splendeurs, assis comme des princes, qu'il n'y a pas vingt ans que monsieur était un pauvre **commis** et madame avait deux robes de percale, portant l'une pendant qu'elle blanchissait l'autre, et forcée d'aller elle-même au marché avec un panier sous le bras, sans chapeau.]

It is astonishing and staggering.

[C'est surprenant et *ébouriffant.*]

The stewards include, among others, the baron and the prince (a real prince -- Tchetvertinski). It is written that the prince, wherever he serves as steward, must show us to our places. The baron stammered some nonsense. We are in the second row. Souvoroff and all her circle are near the entrance since she is a patroness; besides, she wanders about the entire hall. Near the wall are the Furstenbergs, who are not much fond of me, so I imagine.

[Les commissaires entre autres sont le baron et le prince (véritable, Tchetvertinski) c'est écrit que le prince partout où il est commissaire doit nous montrer nos places. Le baron a balbutié quelques bêtises. Nous sommes au deuxième rang. La Souvoroff et tout ce monde sont près près de l'entrée puisqu'elle est patronesse, d'ailleurs elle voyage par toute la salle. Près du mur, sont les Furstenberg qui ne m'aiment guère, à ce que je m'imagine.]

The little one is a dirty brat, as my aunt says; yesterday on the way back, the courtesan with the funny hats called him Charles and took him away in her carriage.

[Le petit est un **sale gosse*,* comme dit ma tante, hier au retour la cocotte aux drôles de chapeaux l'a appelé Charles et l'a emmené dans sa voiture.]

There were no fine dresses. Everyone was like us, in hats; Princess Souvoroff all in black.

[Il n'y avait pas de toilettes. Tout le monde était comme nous en chapeaux, la princesse Souvoroff tout en noir.]

I do not envy Derwies; it is too grand and beautiful to be enviable.

[Je n'envie pas Derwies, c'est trop grand et beau pour être enviable.]

Towards the end my face cleared and the traces of tears could no longer be seen. Only, where is Lambertye? One no longer sees him; if he has left, it is a pity.

[Vers la fin mon visage s'éclaircit et on ne voit plus les traces des larmes. Seulement où donc est Lambertye ? On ne le voit plus, s'il est parti c'est dommage.]

The foreign youth were not there, but the Russian contingent was out in full force. Le Bec has also disappeared; there is only the mother, surrounded by all the young men.

[Il n'y avait pas la jeunesse étrangère, mais la russe au grand complet. Le Bec a aussi disparu, il n'y a que la maman entourée de tous les jeunes gens.]

There is an old horror.

[Voilà une vieille horreur.]

I was with my aunt only; we go to the Promenade -- there is no one except Audiffret, who seems to me an excellent young man. I never noticed him before, but since his bets and la Gioia I notice him. I should like to know him; he pleases me very much.

[J'étais avec ma tante seulement, nous allons à la Promenade, il n'y a personne excepté Audiffret qui me paraî*t un excellent garçon. Jamais je ne le remarquais mais depuis ses paris et la Gioia je le remarque. Je voudrais le connaître, il me plaît beaucoup.*]

[Written across: Note.]

[[En travers: Remarquez.]]

[Crossed out: I love him] My aunt stays at the Baquis, and with Bete I go to the London House; I go down with Paul and was in the middle of eating salmon when the baron enters -- asks me if I am lunching.

[[Rayé: Je l'aime] Ma tante reste à la Baquis et avec Bête je vais au London House, je descends avec Paul et j'étais en train de manger du saumon lorsque le baron entre - me demande si je déjeune.]

-- No, Monsieur, I am dining.

[— Non, Monsieur, je dîne.]

-- What a funny way of dining.

[— Quelle drôle de manière de dîner.]

He shall pay me for that remark. I should like one day to reprimand him and explain that certain phrases are not to be used. In the evening, undressed, I come downstairs and find Bete and my aunt; I begin my usual elegies, which this evening are satires on our visitors. The Duke de Bensa, the Marquise Samels and the Comte d'Abrial on the red armchair and the two green ones we shall buy at Sacco's. My aunt was silent the whole time; I did not stop. My only consolation is to say what I feel; it relieves me and I am not stifled by the weight of all this misery of my soul. When Bete went away, my aunt told me I was a wicked girl etc., for disgracing us before strangers.

[Il me paiera cette phrase. Je voudrais un jour le réprimander et lui expliquer que certaines phrases ne s'emploient pas. Le soir, déshabillée, je descends et je trouve Bête et ma tante, je commence mes élégies de toujours qui ce soir sont des satires sur nos visiteurs. Le duc de Bensa, la marquise Samels et le comte d'Abrial sur le fauteuil rouge et les deux verts que nous achèterons à Sacco. Ma tante se taisait tout le temps, je ne cessais pas; ma seule consolation est de dire ce que je sens, cela soulage et je ne suis pas étouffée par le poids de toute cette misère de mon âme. Lorsque Bête s'en alla, ma tante me dit que j'étais une vilaine etc. de nous disgracier devant des étrangers.]

Bah! It relieves me.

[Bah ! ça me soulage.]