Diary of Marie Bashkirtseff

At ten I wake; I wrote yesterday until half past two in the morning. The horror Drillat comes; I was still upstairs, and while chatting, noon arrives without anyone noticing. One must have luncheon, but that horror is there. I go down; he is chatting with Grandpapa, who lets himself be pestered and imagines that this creature is a hero, that he can make of Georges whatever he wishes. At last Papa wants this Drillat to go to Maman's to speak of the grave affair.

A dix heures je me réveille, j'ai écrit hier jusqu'à deux heures et demie du matin. L'horreur Drillat vient, j'étais encore en haut, et en causant, midi arrive sans qu'on s'en soit aperçu. Il faut déjeuner, mais cette horreur est là. Je descends, il cause avec grand-papa qui se laisse embêter, et s'imagine que cet être est un héros, qu'il peut faire de Georges ce qu'il veut. Enfin papa veut que ce Drillat aille chez maman pour parler de la grave *affaire.*

What audacity, what insolence that Maman, ill as she is, should receive such a... oh!! In good health she ought not to tolerate him, and she is not pleased that he comes nearly as often as I do, but Maman is so good that she is incapable of acting with force and prefers to tolerate this horror rather than have him shown the door. But this insolent man speaks so loudly! He said to me:

Quelle audace, quelle *insolence* que maman malade reçoive un pareil... oh II! bien portante elle ne doit pas le tolérer et elle n'est pas contente qu'il vient presque autant que moi, mais maman est si bonne qu'elle est incapable d'agir avec force et préfère tolérer cette horreur que de le faire mettre à la porte. Mais cet insolent parle si haut ! Il m'a dit:

"Good day, Mlle Marie, how are you?" — but so loudly, and how dare he pronounce my name?! I am beside myself!! I replied only with a nod, and:

Bonjour Mlle *Marie,* comment allez-vous ? mais tellement haut, et comment ose-t-il prononcer mon nom ? ! Je suis hors de moi I! Je ne répondis qu'avec la tête, et:

"Thank you, very well" — in a manner that made my disposition perfectly clear.

Merci, très bien, de l'air qui laissait très bien voir ma disposition.

Maman is in bed, all of us around her, when Walitsky returns from the Pattons' and says that Abramovitch is dead!!!!!!!! It is terrifying, incredible, strange — it is cholera, no doubt! I cannot believe the "dear consul" is dead. It always seems to me that in winter he will return with his yellow-wheeled carriage, his famous fur-lined coat and his plaid. Death is dreadful! And especially so proper and kind a young man as Abramovitch. Truly I am very, very grieved by his death! So the Gros and Saetone types live on, while a young man like Abramovitch dies! Everyone, like me, is distressed; even Dina let slip an exclamation — everyone. I hasten to write to Helene. They said a great deal that poor Abramovitch was to marry her.

Maman est couchée, nous tous autour d'elle lorsque Walitsky revient de chez Patton et dit qu'Abramovitch est mort !!!!!!! C'est terrifiant, incroyable, étrange, c'est le choléra, sans doute ! Je ne peux pas croire que ce "cher consul" soit mort. Il me semble toujours que l'hiver il reviendra sur ses roues jaunes, avec sa pelisse fameuse et son plaid. C'est affreux la mort ! Et surtout un si aimable, comme il faut et gentil garçon, comme Abramovitch. Vraiment je suis très, très fâchée de sa mort ! Il y a donc des Gros et des Saëtone qui vivent, et un jeune homme comme Abramovitch meurt ! Tous, comme moi sont chagrinés, même Dina a laissé échapper une exclamation, tout le monde. Je m'empresse d'écrire à Hélène. On disait beaucoup que le pauvre Abramovitch devait l'épouser.

I begin my letter with Paris, etc.; in the middle I put the death of poor Abramovitch, and finish with the races. We are in my room when this sad news arrives (Maman's white dressing gown; I put on the coral jewelry and the flower earrings — very well). Everyone in the family admires me. That nobody Makaroff said — spoke to Papa about my ears. The princess admires me too; she says little, but she looks at me, and her gaze says a great deal.

Je commence ma lettre par Paris etc. au milieu je mets la mort du pauvre, Abramovitch et finis par les courses. On est dans ma chambre lorsque cette triste nouvelle arrive (peignoir blanc à maman, j'ai mis les coraux et les fleurs d'oreilles, très bien). Tous dans la famille m'admirent. Ce *rien* de Makaroff a dit, a parlé à papa de mes oreilles. La princesse m'admire aussi, elle dit peu, mais elle me regarde et son regard dit beaucoup.

Oh, if only the Duke admired me as much! It is very natural that my family love me. And all that rabble admires me too, and it enrages me and humiliates me to the highest degree!

Oh ! si le duc m'admirait autant ! C'est très naturel que mes parents m'aiment. Et toute cette canaille m'admire aussi, et ça m'enrage et m'humilie jusqu'au plus haut degré !

After dinner I dress (grey dress, flower buckles and velvet at the neck — good but ordinary, phooey!). I received the letter from Worth, saying he could not find the fabric I want, and I am delighted. As I have two hats — I was not supposed to have them — I want to cancel the grey ribbed silk from the blue dress, and I will not allow myself black velvet unless the grey is removed.

Après dîner je m'habille (robe grise, boucles fleurs et velours sur le cou, bien mais ordinaire, fi I). J'ai reçu la lettre de Worth, qu'il n'a pu trouver de l'étoffe comme je veux, et je suis enchantée. Comme j'ai deux chapeaux, je ne *devais* pas les avoir, je veux décommander la faille grise de la robe bleue, et je ne veux pas me permettre du velours noir, si on n'enlève pas le gris.

The princess reassured me about Gioia's beauty — it is the photography, that is all. Besides, I shall see for myself; winter is not long in coming. I sent for Bensa at Delbecchi's; I shall tell him to give me tutors, and with God's help I shall arrange things properly.

La princesse m'a rassurée sur la beauté de Gioia, c'est la photographie, voilà tout. D'ailleurs je verrai, l'hiver n'est pas long à venir. J'ai commandé Bensa chez Delbecchi, je lui dirai de me donner des professeurs, et avec l'aide de Dieu je vais m'arranger convenablement.