Wednesday, 20 August 1873
Je me reveille a onze heures et commence a compter mon argent. Je vois que deux mille cinq cents francs ne sont rien quand il faut les depenser. Je ne puis m'arranger au-dessous de trois mille francs, et encore, c'est bien modeste. J'ai achete du papier avec mes initiales, fait recouvrir l'ombrelle, commande une paire de bottines grises (j'en ai cinq paires) des gants, des robes; il me faut des chapeaux, maintenant. [Raye: toujours]
J ai commande encore une robe chez Worth, drap gros bleu, tres jolie sans doute, sept cents francs. Je n'ai pas de quoi la payer, il me manque trois cent cinquante francs. On me l'enverra a Nice. Nous avons perdu Paul; diner au restaurant russe, vis-a-vis de I Opera-Comique. Il n'y avait que des hommes. J'ai fait la bete, et dit mille betises, tous ceux qui m'entendaient se retenaient pour ne pas rire. Quelquefois il me vient des
acces de bavardage, alors rien ne peut me retenir. Je suis comme une machine.
Il pleut, on amene un coupe, nous rentrons. Dans l'ascenseur je vois Paul, il avait rencontre un ami. Il a faim et est alle manger en bas.
Cette journee est courte, parce que j'ai ecrit celle d'hier aujourd'hui.
Nous avons rencontre Loge sur le boulevard. Dimanche courses a Porchefontaine, ce serait un sacrilege de ne pas y aller. Aussi je prierai Dieu ce soir de me pardonner mes folies et de ne pas me punir !