Úterý 26. prosince 1876
## Úterý 26. prosince 1876Chez Spillman ce fut un presque attendrissement. M'étant revêtue de mes habits pontificaux comme une grosse brute que je suis, je vais au Pincio, cédant à mon père la place d'honneur à côté de maman, qui cherche Antonelli de tous ces yeux lorsque, dans un groupe d'hommes, il me semble le reconnaître. Maman tient sa tête retournée, comme un damné de Dante, souriant jusqu'à ce que la personne ôte son chapeau, poussée par les messieurs qui l'entourent. Oh ! c'était absurde, c'était atroce ! J'étais si en colère que je ne sais plus qui était cet homme. Simonetti s'approcha de notre voiture, on lui montra mon père mais, tout en lui parlant, on attendait l'autre. Si c'était lui il a dû me reconnaître à cause de mes habits pontificaux ! Absurde, atroce !
Mais ce fut le soir seulement que je sentis une sorte de désappointement, de vide... de colère sourde. Oh ! ma mère parfois est abominable. C'est l'ouverture de l'Opéra ce soir... et pas une loge... tous les ennuis ensemble. Mon père en offre deux cents francs mais en vain. Et Antonelli y sera ce soir ! Je voudrais y être pour voir la figure qu'il me ferait.
Visconti vient, je fais le plus finement que je puis des allusions réhabilitantes que le vieux limier comprend à merveille ce qui me soulage grandement et me permet d'aller à l'Argentina voir "La fille de Madame Angot", en italien. Mon maître Katorbinsky et les Swedomsky viennent à la loge, et je prends jour pour une séance de peinture. Je n'ai rien à dire à Pietro. Il ne me comprendrait pas.