Субота, 26 грудня 1874
Noël, minuit chrétiens, c'est l'heure etc.
Je me coiffais lorsqu'on annonça M. Jean de Woerman...
Ma tante le reçoit, ma mère est depuis quinze jours au lit...
Je ne serais pas descendue si la petite Foster n'était venue.
Ce beau monsieur me demande si j'irai cet hiver dans le monde...
— Pas même aux matinées ?
— Pas du tout dans le monde de Nice pour la première année, mais en Italie.
— Pourquoi donc pas ici ?
Je ne sais, maman ne veut pas que je fasse mon entrée dans le monde à Nice.
— Comment Madame, vous n'avez acheté la villa que pour ne pas rester à Nice !
Je me suis coupé un doigt du pied gauche et avais les bottines de maman...
Ma tante, par extraordinaire était très civile et aimable.
Ayant pris Foster avec moi je boutonnais mes bottines pour aller à walking avec elle...
— Monsieur de Barrême, passez de ce côté, nous ne demeurons pas au pavillon.
— Vraiment, Mademoiselle, je croyais que c'était ici !
— Non, non.
Ma bottine non boutonnée et Foster m'attendant et le vieux de Barrême que je devais présenter à ma tante.
En deux minutes je suis prête et présentais ces messieurs.
Sans se faire prier il se mit au piano et chanta...
Connais-tu le pays trop froid pour l'oranger...
Hélas ! que ne puis-je le suivre, vers ce pays lointain d'où le diable m'exila.
C'est là que je voudrais vivre passer, faire courir...
Et c'est là seulement que je comprends la vie.
Et le parc où chaque jour tant d'anges et de démons...
Dans ce rivage heureux d'où le sort m'exila...
Ensuite d'Olivier chanta encore, et il ne chanta pas mal.
Ma tante était aussi aimable avec ces deux qu'avec Woerman et même plus.
Enfin je sortis avec Foster et Victor...
Furstenberg, d'Arnim, Lambertye, Jarchewsky, Woerman et encore deux que je ne connais pas se promènent.
Juventus Nicæa !
Gambart nous passa, je l'entendis me dire bonjour et le reconnus après.
Nous fîmes un tour en voiture et finita la commedia.