Середа, 26 лютого 1873
Mercredi 26 février 1873
Le matin il pleut mais après la pluie cesse: la journée grise, il pleut presque tout le temps, un vent affreux.
A la promenade (robe noire, casaque grise, chapeau bandit), en voiture avec Dina, puis nous vînmes chercher maman, ma tante, avec lesquelles chez Mme Teplakoff, c'est son jour, puis à la maison. Il pleut tout le temps. Je me suis encore proposé cette question, qui j'aime et, après avoir raisonné et réfléchi, j'ai trouvé que j'aime deux personnes à la fois:
— le duc de Hamilton — M. Alfred Boreel.
J'aime le duc plus que Boreel quand ils sont absents tous les deux. Quand ils sont présents tous les deux, il n'y a rien à dire, j'aime le duc plus que Boreel, en un mot j'aime le duc et je n'aime pas Boreel, mais quand je ne vois qu'un seul, je préfère celui que je vois, ou plutôt je trouve Boreel passable quand je le vois seul, pas pour mariage, parce que je ne puis épouser que le duc.
Maman et ma tante sont allées à Monte-Carlo. Comme c'est drôle, c'est seulement aujourd'hui que je me rends compte de ce que Boreel, sans être présenté au bal, vint serrer la main de maman. Peut-être que tout le temps il pensait à moi (oh que je suis présomptueuse I) et plutôt à ce que je devins si rouge en le voyant lundi qu'il était très heureux de voir quelqu'un...... en un mot, je ne sais comment m'expliquer, je me comprends, cela suffit. [Rayé: Au retour de Monaco.] Alors je reste ainsi: J'aime le duc de Hamilton positivement et Boreel pour amusement.
Quoi qu'il en soit j'aimerais bien que Boreel m'aimât ne serait-ce que pour l'humilier.
Je ne comprends pas.