Dimanche 1er juillet 1883

Donc... Ce matin je vais au musée du Luxembourg et n’en rapporte que deux souvenirs, l’Agar et l’Esmal de Cazin et le Génie gardant le secret de la tombe de Saint-Marceaux.
Le soir à dîner les Engelhardt, le pope, Tchoumakoff, Bojidar qui est resté toute la journée.
Villevieille dans la journée. Je suis très montée sur mes mérites, je chante mes louanges, m’adore, m’admire (seulement devant Dina et Bojidar) et suis heureuse. Vous ne vous imaginez pas, c’est une ivresse... je me sens des forces... J’ai travaillé un peu aux Saintes femmes... Ce sera beau, beau...
Quoi encore ? Gabriel m’écrit une lettre de condoléances, ce diplomate distingué. Et puis ? Et puis c’est tout et ma littérature.
Oh ! Elle prospère, je n’écris rien encore, je rends des comptes des choses qui viennent s’ajouter à d’autres dans ma mémoire et sur des feuilles volantes... Et quand je serai munie d’assez de documents je tâcherai de... Mon roman est là, je ne l’ai pas déchiré, je verrai bien... c’est une folie, je me crois capable de tout. Je m’aime.