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Samedi 2 juin 1883
Je ne sais pas ce que va devenir ce tableau, Villevieille, Claire, le pope, conversations, modèle qui ne pose pas !
Et le matin nous avons passé chez Julian pour savoir s’il vient ce soir, il s’agit d’un billet au cirque. Il raconte que Mme Cartwrigth veut faire faire son portrait et comme c’est la célébrité pour un inconnu il pense à telle ou tel, qui ne sont pas moi. Et comme je lui demande pourquoi, il dit que j’ai autant d’occasions que je peux et n’ai pas besoin qu’on s’occupe de moi...
Je ne sais vraiment pas pourquoi je m’obstine à considérer Julian comme un ami. Et pourquoi j’ai été si indignée contre Tony qui le vaut dix fois.
Alice a écrit à la petite Canrobert avant de m’écrire. Tout ça s’enchaîne. Je l’ai traitée jusqu’ici par le dédain mais ce n’est pas toujours compris. Cette petite pour qui j’ai été absolument parfaite... Est un joli échantillon de l’humanité.
J’ai honte de le dire mais j’ai été jusqu’à lui donner une robe. Que le monde est méprisable et comme l’Arlequin de Saint Marceaux a raison. Saint Marceaux lui-même assure que le monde est une vaste maison d’aliénés, qu’il faut autant que possible se rendre compte de la manie de ceux qu’on rencontre et s’ils sont dangereux se garer en circulant.
Ma tante et Dina sont au cirque, la veille du grand Prix. Moi je reste ici à composer une lettre à la petite Américaine et une à Tony.
Les lettres causeront ma perte et c’est une manie.
Dina assure que si l’on me laissait seule avec mon propre arrêt de mort qu’il me suffirait de signer pour être exécutée, je le signerai pour le plaisir d’écrire quelque chose.
Voilà une quinzaine déplorable. Je suis brouillée avec tout le monde et tout le monde m’abandonne.
Ó mon Dieu avoir du talent.