Lundi 14 mai 1883

La première journée de chaleur.
La maréchale Canrobert et sa fille sortent ici. La maréchale est d’une bonté exquise pour nous, elle veut me conduire au bal ce soir et puis remplacer maman en son absence, me secouer, m’amuser, me faire sortir. Enfin, vraiment je ne suis pas habituée à tant de gentillesses. Et puis je suis flattée de sortir avec la maréchale Canrobert et d’être l’amie de sa fille qu’elle laisse chez moi pendant des après-midi entières. On ne dit donc pas de moi autant de mal que je pense ?
Est-ce que Bastien ne viendra pas de lui-même bientôt ? Il est déjà venu presque de lui-même la dernière fois; ayant reçu une invitation conditionnelle et indirecte le matin seulement... Il pense du mal de moi, on lui en dit, il ne me regarde pas comme son frère, il a de la défiance-
Mme Gavini est venue, le père Géry et Ducros le journaliste-poète qui a dîné... l’autre soir.
Et la maréchale vient me prendre pour aller au bal de Mme de Vatry. Je m’étais décidée à y aller par vanité, quoique malade et voilà que la robe essayée six fois se trouve un monstre ! Il a fallu inventer une histoire de lettre égarée. C’est égal... C’est très ennuyeux ! Mais d’un autre côté aller mal fichue pour être d’une humeur de chien et laide par conséquent ! ...