Lundi 23 janvier 1882

Nous allons au Français, salle pleine d’inconnus sauf Mmes de Jolly et Thouvenel. Et Julian qui est venu en notre absence; si encore la pièce était amusante.
Nous avons envoyé à Gabriel une dépêche où je le traite de diplomate subalterne, et de fonctionnaire intègre et ou il y a toute une série de plaisanteries à la glace parce qu’il ne nous en a pas offert l’autre soir après le théâtre. Il répond qu’étant subalterne et timide c’était à nous de l’inviter à souper et qu’il a le cœur dévoré d’engelure, un peu de glycérine s’il vous plait. Je lui en fais envoyer de chez le pharmacien et il riposte par une bonbonnière avec la carte que voici : Gabriel Géry remercie Mlle Bashkirtseff de la pharmacie qu’elle a bien voulu lui envoyer. Il a ajouté sur le facon ce que la charmante donatrice a oublié d’y inscrire : heals all wounds but those of the heart.- P.P.C. Eh bien bon voyage, il se peut que je lui plaise car il m’ennuie; c’est généralement ainsi chez moi. Sitôt que j’ai inspiré remarqué que je ne parle pas pour Géry mais en général; eh bien sitôt que j’ai réussi à inspirer quelque bon sentiment je sens de l’éloignement pour la personne atteinte, et quelquefois de l’aversion.

Poznámky

In English in the original. ↩