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Vendredi 12 août 1881
Vous croyez peut-être que j’ai décidé quelque chose ! Je ne puis rien faire ! J’ai la certitude affreuse de mon incapacité ! Les peintures de Breslau me passent devant les yeux et je ne puis rien entreprendre ! Voilà plus d’un mois en comptant le temps perdu en voyage, que je ne fais rien ! Je ne puis même m’imaginer que je travaille, je suis horrifiée d’avance des choses sans talent, sèches et froides que je vais produire.C’est odieux, je ne puis rien faire !
Et tout s’en mêle. Je renonce au tableau et me décide à peindre Oelsnitz mais elle part dans deux jours. Alors je vais chercher un modèle que je ne trouve pas. Puis je cours chez Julia, elle ne peut poser qu’à partir de lundi. Je me retourne vers la petite du concierge mais elle a encore trois jours de classes. Enfin... S’il y avait encore quelqu’un mais je suis toute seule, le milieu fait tant ! Et quand je ne suis pas seule je suis avec des êtres qui ne comprennent rien à tout cela. Ah ! que Breslau est heureuse. Je suis idiote à force de ne pas échanger trois mots par jour. Ma tante m’agace pour peu qu’elle me demande si je n’ai pas faim ou bien ce que je compte faire dans la journée.
Enfin c’est que probablement je suis malade. Non mais dévoyée, étourdie, assommée en peinture.
Alors je m’en vais voir Amanda (!) qui travaille dans la cour de sa maison a Issy ! Ça me fait du bien, bien qu’elle ne soit pas assez artiste pour que je sois vraiment remontée, c’est égal ça vivifie, je rentre résolue à faire ce sacré tableau.