Paris fête le soixante dix-neuvième anniversaire de la naissance de Victor Hugo. Travaillant au tableau je n’y vais que vers cinq et demie, ma tante, Dina et moi sommes restées une heure au milieu de la foule devant sa maison à moitié couverte de couronnes et de fleurs. Il se tenait à la fenêtre envoyant des baisers de la main à la foule et aux délégations pendant que les bannières s’inclinaient devant lui. Je n’ai jamais pu lire sans émotion que les drapeaux saluent, j’ai vu ce soir. C’est tout ce qu’on peut voir de plus grand et de plus touchant et j’aurais pleuré si je ne l’avais déjà fait hier jusqu’à minuit et pour une autre cause. Quand la fenêtre du petit hôtel a été fermée on a crié vive Victor Hugo et nous avons été littéralement portées par la foule. Je croyais tenir Dina par la main et ce n’est qu’au bout de quelques minutes que je m’aperçus que je tenais la main d’un inconnu qui nous a protégées de ses deux bras et nous quitta en saluant nous ayant ramenées sur le trottoir où la circulation était rétablie.