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Lundi 3 janvier 1881
J’ai fini hier “Les deux frères” à minuit et demi. C’est gentil mais il ne m’en reste rien. Ô Balzac !Le Juif Julian ne veut pas qu’on ouvre la cloison avant dimanche, dans la semaine cela dérangerait les élèves. Avec ça je perds une semaine, il ne me reste donc en tout que dix semaines ce qui n’est guère. Et de nouveau je pense que Tony et Julian me le font commencer sachant que je n’en sortirai pas. Mais dans quel but ? Nesdo.
Wodzinski très ému encore de mon roman dîne avec nous et me dit entre autres qu’on dit que je suis amoureuse de mon professeur de peinture; Je m’étonne qu’on ne l’ait pas dit il y a longtemps. Car je passe pour renoncer à tous les plaisirs et cela n’est pas naturel, pas plus que cette ardeur au travail. Je passe aussi pour refuser tous les mariages qui s’offrent, ça c’est un peu vrai, mais les esprits vulgaires de ces gens-là ne comprennent pas mon raisonnement. Ils supposent que je renonce au mariage ne se rendant pas compte que ceux que j’ai laissé échapper, je pourrai toujours les ravoir, ou de pareils.