Mardi, 4 novembre 1879

Nous allons voir « Les Mirabeau » pièce nouvelle, en deux loges avec M. et Mme Gavini, Chaudordy, de Morgan, Géry et puis Gabriel.
L’héritier de Russie et sa femme sont dans une avant-scène et ne font que nous lorgner; Ils ont bien vu, dit Mme Gavini que nous sommes des gens comme il faut et qu’il n’y a pas de pignoufs dans nos loges.
Je n’étais pas entrain mais j’ai rapporté de cette soirée une apologie de Cassagnac et un amour plus grand de la liberté. Mme Gavini dit qu’elle aimerait bien avoir vécu avant la Révolution, au temps des privilèges, à la cour... moi si j’étais née avant la Révolution je l’aurais faite., dans la mesure de mes forces. Oui-mais Cassagnac n’a pas le talent de l’autre, il n’a pas non plus le rôle de l’autre, il n’a même pas de cause à défendre... donc il n’est pas excusable... Mais que diable lui reproche-t-on ? Qu’a-t-il fait ? Des indélicatesses... dont je ne m’occuperais même pas, fussent-elles de la dernière gravité, si le héros était plus grand.