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Dimanche 28 septembre 1879
La visite de Bojidar et de son père. Hecht est venu vendredi, je ne sais pas ce qu’il devient.Au Bois et puis nous avons le bonheur de descendre les Champs-Elysées escortées, suivies ou précédées de Joseph qui était dans une voiture à roues jaunes avec Coquelin de la Comédie Française et un autre pékin quelconque. Il ne le faisait bien sûr pas exprès mais enfin nous nous sommes admirés mutuellement, je détournais les yeux pour qu’il me regarde et puis il détournait les siens pour que je le regarde aussi sans doute... Puis nos regards se rencontraient... comme dans les romans !... Zut. Bojidar, que M. de Toulouse a surnommé Corridor, dîne avec nous et nous débitons des insanités sur Joseph. Mais il faut que j’invente un dérivatif car ma douce famille commence à s’en occuper de trop.
A part ses millions et sa tournure, c’est un garçon sympathique sans être précisément beau de visage. Il a un nez assez grand et des moustaches assez diaboliques malgré sa jeunesse.
La barbe entoure le visage en suivant le bord de la mâchoire comme chez les très jeunes gens et vient former sur le menton deux touffes qui ont ma foi, l’air très infernal. A moitié chemin j’ai enlevé les violettes qui étaient à mon corsage. C’est si bête ces grands enfantillages surtout chez moi.
Je voudrais bien vivre heureuse mais si cela dure comme cela autant vaut mourir.