Mercredi, 1er janvier 1879

Monsieur de Morgan a envoyé une bonbonnière.
J’ai travaillé le matin et puis nous avons fait des visites.
Plaisante histoire chez Gavini. Voilà qu’entre Janvier de la Motte père, qui comme on le sait est plus jeune et plus beau que son fils, mon ex-prétendant. Il embrasse Mme Gavini et se met à raconter les baisers qu’il a donnés à Mmes Rouher, de la Valette, etc. riant et se [répandant] comme un jeune homme qu’il est. Et comme maman dit qu’il faut embrasser un homme au commencement de l’année pour être heureuse, et il se précipite dans ses bras et l’embrasse et se fait embrasser. Un autre aurait passé pour fou mais ce vieux charlatan est tellement chéri de la société parisienne qu’on le regarde comme on regardait notre pauvre Walitsky dans sa ville où il se couchait sur tous les canapés et embrassait toutes les femmes.
J’ai eu tort de confondre le père avec le fils, le père est spirituel.
J’ai rêvé de Cassagnac et de Blanc. Le premier jour de l’année 1878 avait commencé fort bien et pourtant [ce jour a] été rarement rappelé dans l’année. Ce qui prouve que cela ne prouve rien et le premier jour de 1879 n’étant pas d’une gaieté folle je ne m’inquiète pas.
Je prends de Daillens et nous allons voir la Revue au Palais-Royal.

Poznámky

A bonbonnière — an ornamental box of sweets — was the customary New Year's gift exchanged in Parisian society. ↩