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Dimanche, 10 novembre 1878
Je me suis amusée à clouer sur les murs des morceaux d’étoffe que j’avais, c’est arrangé en trophées avec des palettes.
Monsieur d’Alt est venu... et puis Lacon le mari de Fio, il est ici pour trois jours; j’envoie une bagatelle de Saxe à Fio.
Madame Tarnowsky raconte des histoires des gens de là-bas. Ce sont des types si curieux, des caractères; j’aimerais écrire tout cela.
Par Mme Gavini on pourrait se créer des relations mais ma mère en est incapable et moi une jeune fille, je ne peux pas faire de visites ! Quelle existence ! Quelle existence mon Empereur !
Serait-ce possible vraiment ? Si l’ex-député de Condom se séparait de sa femme il redeviendrait encore... Non rien. Je voudrais l’aimer de telle sorte.. c’est-à-dire que rien n’est plus possible. Ou bien c’est une misérable banalité qui passe et alors c’est dommage. Ou bien c’est quelque chose de respectable dans ce cas il n’y a plus rien à faire parce qu’il y aura toujours une Mme Paul de Cassagnac et quoiqu’il fasse et quoique je fasse je ne pourrais jamais partager complètement sa vie.
Et je ne peux pas me contenter d’être une actionnaire en admettant un amour vrai.
Je crois que je regrette vraiment de n’être pas sa femme et je crois que si je l’étais je serais heureuse et ne voudrais plus rien.
C’est un misérable saltimbanque sans consistance ! Un salarié ! Ça se peut. M. Rouher n’est pas populaire et le jeune époux de la belle Julia, surtout dernièrement, a pris un ton d’autorité qui lui en donnera; ça paraît bête mais c’est souvent ainsi pourtant. Quel qu’il soit, il est le chef, en attendant in partibus, du parti qui seul compte en face de la République, et quoi que nous disions nous autres étrangers, petites gens, gens du monde, nous ne sommes rien et il est quelque chose. Je connais des gens qui me répondraient par ces mots souverainement bêtes, les brigands et autres sont aussi plus que nous.