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Dimanche 3 février 1878
ACassagnac veut s’en aller et dit qu’il lui est difficile de dîner avec nous ce soir.
— Si cela vous est difficile, ne le faites pas, j’espère que vous ne vous gênerez pas avec nous.
— Non, certainement. J’ai un dîner chez mon père, où il y aura des gens de mon pays.
— Allez-y, partez, bonsoir. Je ne serai pas aimable ce soir; d’ailleurs cela vous changerait, les femmes vous disent tant de choses charmantes.
— Ecoutez, ma petite amie... j’ai envie de dîner ici, mais il faut que j’aille m’habiller, ma redingote me gêne.
— Si ce n’est que cela vous pouvez l’ôter. Je vous prête ma chambre, ma femme de chambre et ma robe de chambre.
Ma chambre, ma femme de chambre et ma robe de chambre donnent naissance à un pari ou à une promesse que j’ai faite sans y rien comprendre et qui pour le moment n’a aucune importance.
— Alors, ma petite amie quand Madame votre mère entrera, insistez pour que je reste, autrement ce serait assez drôle.
— J’insisterai.
Pierre s’est foulé le pied, Triphon est gris, il n’y a que Chocolat, grand-papa qui à chaque instant nécessite des soins, serait seul si toutes nos dames ne sortaient dix fois du salon; pendant ces tête-à-tête nous avons parlé des cinq femmes. Cassagnac est de mon avis, et si ce n’était lui, la position serait fausse, tendue, détestable et elle l’a été malgré lui.
Il m’embrasse plusieurs fois la main, par amitié bien entendu.