CZENUKFROriginál (vícejazyčný)

J'autorise un éditeur intelligent à supprimer les pages où je répété les mêmes lamentations sur Antonelli dans les livres précédents et ici. Laissez quelques pages pour en donner une idée et supprimez le reste, au fait, non, laissez tout, le lecteur sautera.

dans la marge
J’autorise un éditeur intelligent à supprimer les pages où je répété les mêmes lamentations sur Antonelli dans les livres précédents et ici. Laissez quelques pages pour en donner une idée et supprimez le reste, au fait, non, laissez tout, le lecteur sautera.
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J’ai biffé les répétitions mais si l’éditeur de génie tient à les conserver il les conservera.
C’est le 13 du mois dernier que Torlonia a été présenté.
Après tout je n’ai pas à me plaindre. N’est-ce pas le Jeudi Saint ces jours-ci, ne sont-ils pas ceux pendant lesquels a souffert notre Seigneur Jésus-Christ ? Lui, un Dieu ! N’est-il pas juste que je souffre. Plus que juste. Je n’allai pas écouter l’Evangile à l’église, je voulais m’amuser, quand il fallait passer mon temps en prières. Quant à l’église ce n’est pas un péché, on n’y va que pour se montrer, voir, critiquer et être critiquée. D’accord, mais il fallait prier à la maison. J’ai prié chaque soir, mais je ne priais que pour demander.
Ce n’est pas cela qu’il faut. Je vois bien à présent, pourquoi je suis tourmentée; pour mon impiété, bien que seulement apparente. Je faisais fi, et me moquais du manger maigre.
Enfin, culpa mea, culpa mea, culpa mea.
Il faut être plus religieuse, je ne faisais que croire en Dieu, cela ne suffit pas. Il est vrai que lorsqu’on suit toutes les règles de l’Eglise, l’amour et la croyance en Dieu s’éparpillent imperceptiblement sur les prêtres, les images et les pratiques insignifiantes.
Enlevez à la plus ardente catholique la confession, l’église, ses pompes, ses prêtres, ses images, et voyez ce qui lui restera ! Rien ! car peu à peu elle a fait de tous ces vains appareils son Dieu, et le vrai Dieu à qui tout cela est destiné s’efface.
Pour aérer ma chambre pleine de fumée de mes cigarettes, mes indispensables compagnons de tristesse, j’ai ouvert la fenêtre, pour la première fois depuis trois longs mois j’ai vu un ciel pur, et la mer à travers les arbres noirs, la mer éclairée par la lune. J’en suis si ravie que je cours l’écrire. Dieu que c’est beau après les rues noires et étroites de Rome ! Il est une heure, pas une âme sur le quai. Une nuit si calme, si belle ! Ah ! s’il était là. Si vous prenez cela pour de l’amour !
On ne peut pas dormir quand il fait si beau.
Lâche, faible, indigne, indigne de la dernière de mes pensées.

Poznámky

Marie notes the coincidence — Torlonia was introduced exactly one month before this entry (13 March), and here she is again on the 13th, in Naples, thinking of him. ↩
Holy Thursday (Jeudi Saint) — the Thursday of Holy Week, commemorating the Last Supper. Marie's arrival in Naples coincides with the solemn days before Easter. Her Russian Orthodox background gives her a keener sense of this. ↩
Manger maigre — "eating lean": the Catholic and Orthodox Lenten practice of abstaining from meat and rich foods on Fridays and throughout Lent. ↩
«culpa mea, culpa mea, culpa mea» — Latin: "my fault, my fault, my fault" — from the Confiteor, the opening prayer of the Latin Mass: «mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa» ("through my fault, through my fault, through my most grievous fault"). Marie reverses the word order, perhaps from imperfect memory or for rhythmic effect. ↩