❦
Mardi 7 mars 1876
rayé[Une ligne cancellée]
De nouveau nous sommes en retard au rendez-vous de la chasse. On voit passer Pietro avec une immense femme au bras, la duchesse Sante je crois.
Je suis assez triste au Pincio, Plowden en fait la remarque et se plaint de ce qu’Antonelli lui empêchait de me parler pendant la cavalcade.
Au sortir du Pincio on arrête tout à coup la voiture, c’est Antonelli. On reste quelques minutes et il demande à venir ce soir. Nous dînons chez Spillmann. C’est si dommage, Visconti vient mais ne reste pas assez longtemps pour rencontrer le cardinalino qui n’arrive qu’à dix heures.
Comme je ne voulais jamais croire qu’il eut été militaire, il apporte sa photographie en uniforme et son carnet de lieutenant. Il a raconté qu’une fois en colère, il se roula par terre, brisant tout et jetta les meubles par la fenêtre.
Pour réhabiliter Spillmann aîné, qui nous a si mal servis l’autre jour et qu’il nous a recommandé, Antonelli prie d’aller demain déjeuner au Pincio dans le kiosque et Spillmann aîné fera le service.
A force de dire des bêtises je suis tombée amoureuse de ce garnement. On ne peut pas dire que ce soit de l’amour, mais c’est un caprice .
Walitsky est à la chasse avec Bruschetti. Antonelli a donné son portrait à maman et une fois lui parti, je l’emporte chez moi et je le regarde et je le trouve charmant et je l’aime et je m’endors en y songeant et je le vois dans ma fantaisie et je trouve tant de choses à lui dire.