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Samedi 21 août 1875
Note des éditeurs
[Une ligne cancellée]
Mon père écrit que, malgré tous ses soins et toute sa tendresse, Paul se conduit d’une façon impossible.
Maman avait écrit à Paul que son père se ruinait, pour lui ôter l’espoir d’hériter et le faire étudier. Et mon père répond à cela:
Et moi de mon côté je prends une feuille de papier et écris ceci:
Lettre recopiée · Lettre de Marie à son père, 21 août 1875J’ai lu votre lettre à ma mère et j’estime aussi non superflu de faire quelques remarques, je n’ai pas la moindre haine envers vous, au contraire je vous aime comme un père et si je ne suis pas particulièrement tendre, accusez de cela vous seul, qui n’avez rien fait pour vous attacher votre fille Maria Bachkirtseva.3
Ayant écrit cette lettre j’écris ceci presque tout d’un trait, Godard seul m’a coûté quelques corrections. D’ailleurs c’est assez laid.
Revue de Nice
Gras, rouge, un peu boiteux, Protecteur des débutants Toujours content, toujours joyeux, Toujours partout papillonnant.
Quand il entre dans un théâtre Et fait le tour des loges Exposant sa main d’albâtre Il mérite tous les éloges.
Aux belles dames, aux demoiselles Il ravit de suite le cœur Par le feu de ses prunelles Et par son air vainqueur
Son nom partout raisonne: Andriot Saëtone.
Plus timide, plus maigre et petit Apparaît Arthur Danis Aux faux cols irréprochables. Tous deux, ils sont adorables.
Face rosée, fardée, guindée, Moustache pommadée. Pendu au bras de quelqu’un Maurice Gros, illustre faquin
Quel dommage qu’il faille Parler de cette canaille !
Le comte d’Aspremont Haut comme un mât de cocagne En guise de nez il a un mont Non, une chaîne de montagne.
Salement mis, distrait, penché, M. Gautier s’avance Niçois pas même endimanché Visant à l’élégance.
Le futur notaire Galula-Dechiar Personnage secondaire Et rusé comme un renard.
Il tient ses grands yeux Sans cesse levés aux cieux.
Le comte de Laurenti Royaliste et gentilhomme Noir, maigre, sec, petit Et ridé comme une vieille pomme.
Maurice-Godard-Decrais Timide et sincère, Qui comme un âne brait; Fils du préfet, on le tolère
Il est candide et vertueux, Son derrière imite Les replis tortueux De l’hydre d’Hippolyte.
Mais déjà Andriot Le regarde en bon père Et de ce petit sot En fera un grand j’espère.
Arrivons maintenant Au châtelain illustre Jeune homme abracadabrant A la tête de ces rustres.
Son doux nom est Emile Il est rose comme une rose Ce cher imbécile Qui ne pense qu’à sa pose.
Note des éditeurs
[Une ligne cancellée]
Quand il descend de la Tour Entre Saëtone et Galula On le prend pour amour Oh ! la ! la !
phil. Tryphodore
Ce matin, en ma petite voiture et mes deux petits chevaux gris, j’étais avec Machenka à Schwalbach. Et à cinq heures nous allons à Wiesbaden. Moi et Dina à part et les autres en landau.
Je suis regardée comme un ours, et mes pieds plus encore que moi. Ils sont donc des sauvages ici et n’ont jamais rien vu ! Nous faisons un tour en bateau sur le lac.
Puis je dîne, puis nous écoutons l’orchestre avec Diadia et Batourine, et prenons du champagne frappé.
Que Wiesbaden devait être beau au temps de la roulette où il y avait un si beau monde.
Poznámky
Written in Russian in the manuscript; French translation by the editor. ↩
Written in Russian in the manuscript; French translation by the editor. ↩
Written in Russian in the manuscript; French translation by the editor. ↩