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Jeudi, 31 décembre 1874
Comme je l’ai dit, à dix heures et demie je monte à cheval avec Foster, M. de Mauldre nous rejoint près du jardin public et nous allons au Var, je monte Nesky, cheval charmant pour une heure mais fatiguant pour trois heures.
Ce monsieur n’a parlé d’aucune commission, il n’en a pas le misérable, c’est un jeune homme de vingt-huit à trente ans, assez maigre, presque petit, presque brun, à long nez mince, à favoris, parle comme les Belges, comme le baron Leiss d’Ostende, nous avons galopé assez fort sur le champ de courses mais trois fois mon coursier a refusé de sauter les obstacles, il a une allure saccadée et ne va jamais au pas, mais danse continuellement, à une heure un quart je rentre, toute secouée par la danse incessante de la bête.
Comme ma tante nous suivait en voiture on a dû la renvoyer jusqu’à quatre heures, j’allais à pied avec ma tante (robe blanche, bien) je commence à aimer la robe mais Hong for [sic] Laferriere et Dieu sait comment elle me recevra.
Nous avons marché jusqu’à Mortier et de là sommes retournées à la Promenade, il y a musique et monde ou peuple.
A peu près au milieu de la Promenade ma tante me dit de traverser, quand nous fûmes sur l’autre trottoir, je vis la cause de ce changement, Terffidua venait à pied, lui passé elle me ramena sur la Promenade.
— Ah ! je sais pourquoi ce changement vous vouliez éviter cet homme, mais comme vous êtes bête ma tante, que craignez-vous ?
Vraiment vous me faites rire, je rirai trois jours de suite, si je ne rirai pas trois jours, j’ai ri trois quarts d’heure.
Quand nous traversions, d’Aspremont et de Constantin nous passèrent. Cette pauvre tante a je crois encore eu peur.
Sciocchezze ! parce qu’un homme a regardé plusieurs fois au théâtre dans le binocle on s’imagine Dieu sait quelles choses ! Ohimè ! que c’est bête.
Nous étions chez Rumpelmayer au cercle.
Foster a imité ma robe grise en gros bleu et velours. Un sot trouve toujours un plus sot qui l’admire.1
Dans vingt jours les courses, et pas de Paris !
Poznámky
The last line of the first canto of Boileau's L'Art poétique (1674): «Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire». ↩