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Dimanche 3 août 1873
A deux heures nous allâmes à l’Exposition. Nous avons vu l’Espagne, le Portugal et la France.
A quatre heures aux courses, nous prîmes une voiture à l’hôtel (Grand Hôtel), assez joli landau (robe blanche). Nous arrivâmes de bonne heure, il n’y avait presque personne. Mais, peu à peu, on a commencé à venir. Pas beaucoup de dames, mais toutes jolies et élégantes. Pas de toilettes extraordinairement belles, cependant la Saxe avec une très belle.
La tante est insupportable, elle gronde tout haut et pour rien, elle m’a gâté toute la journée. Jamais je n’ai été si sombre, si lourde qu’aujourd’hui. Il y a une quantité de messieurs. Je croyais que je le verrais aux courses, mais il n’y était pas.
Ce sont des courses allemandes, mortes. Pas un bruit, on n’entendait pas les parieurs ardents. Tout était endormi. Pas un Anglais. Les Viennois sont beaux et sympathiques. Les Viennoises belles, gracieuses, blanches et roses. On voit qu’elles vivent dans un climat tempéré. A Nice, on brûle, je m’échauffe, je suis rouge et puis je deviens pâle. Ici l’air est blanc et rose toujours, pas par moment.
Les courses ont un aspect raté. Paul nous amena son ami de l’école, Gutman, un garçon de quinze ans, petit et laid. Nous n’avons vu personne de nos connaissances.
A la sortie, il y avait beaucoup de voitures, beaucoup de jeunes gens en voitures élégantes, qui produiraient grand effet à la Nice.
Le retour par le Prater était brillant mais pas de voitures comme à Paris. Il y avait le Shah aux courses. On n’a fait aucune parade. Tout est froid, maigre. Enfin, ma tante m’exaspère, elle m’agace, elle me tue par ses gronderies insupportables. Depuis les courses jusqu’à l’hôtel, je n’ai pas ouvert la bouche, je n’ai jamais été si ennuyée. Je suis endormie, je ne puis jouir de rien, je croyais le voir ici. Oh ! mon Dieu, faites que je le voie !
A dîner à l’hôtel, Gutman est venu. Puis dormir.