Deník Marie Bashkirtseff

C'est curieux comme j'ai du plaisir à lire seulement ce que j'écris sur lui.
Toutes ces pages qui composent ce cahier sont peut-être stupides, mais pour moi, le soir, lorsque je les relis, seule dans ma chambre, c'est un grand, un délicieux bonheur.
Et je me remercie d'avoir noté toutes ces impressions, ces lignes me parlent de lui. Je les aime elles aussi pour cela.
Ah ! comme j'avais tort de m'imaginer, n'ayant jamais voulu la regarder par jalousie, que Gioia était laide. Je l'ai vue tout à l'heure, cette abominable femme: elle est belle, plus belle que moi.
Moi, je ne serai jamais tout à fait belle, je serai gentille quelquefois, voilà tout.
Cette femme, je la déteste, mais le jour où elle ne sera plus ma rivale, je sais bien que je n'aurai plus de haine contre elle, au contraire. J'aime le duc. Et dire que mon amour est condamné à rester ignoré de lui !
Demain, mon Dieu, c'est le Tir aux pigeons, je le verrai, n'est-ce pas ? Aujourd'hui est venu un baron Bach (Russe) as­sez bon pour Dina. Je reviens encore au duc. Je ne puis exprimer combien il me plaît.

Poznámky

Marie's ability to acknowledge Gioia's superior beauty, despite her jealousy, demonstrates a level of honesty in her diary-keeping that would later make these journals valuable historical documents.
The mention of Baron Bach illustrates how Russian aristocratic families sought suitable marriages for their children while wintering on the French Riviera.