Samedi 8 septembre 1884

Je devrais regretter que ce paysan Emile ne soit pas mort. Savez-vous ce qu’il m’avait légué en partant pour l’Algérie ? Car il a fait son testament à ce qu’il paraît après le monument Gambetta. Il me l’a dit parce que je parlais de mon enterrement et qu’il serait chargé d’exécuter mes dernières volontés.
Eh bien il me léguait son portrait par Jules.
Ça c’est touchant et gentil plus que je ne sais dire. Avoir pensé si magnifiquement à moi dans un tel moment.
Jules était à la mort, nous n’y croyions pas, et il venait de rater Gambetta... C’était la fin de tout. C’est à l’occasion du monument que je lui écrivis la lettre qu’il montra à Jules et c‘est d’Alger que date l’amitié de Jules. Maintenant il nous adore à ce que dit Emile.
Quant à ma lettre je l’avais composée, pesée, arrangée en vue de Jules, bien entendu.
Et ça avait l’air d’un seul jet, à la diable. Voilà l’art mes enfants. Et pourtant je suis sincère !