Mardi 10 juin 1884

J’ai été voir les Canrobert ce matin. Nous sommes toujours tendrement amis et ce sont de vrais braves gens. La maréchale veut que je fasse le portrait du maréchal. Il en a déjà un par Nelly Jacquemart.
Mais c’est les Lutteurs qui mûrissent. J’ai été en voir à Montmartre l’après-midi. Mon Dieu que c’est donc intéressant la rue ! Les physionomies des gens, les particularités de chacun, les plongeons que l’on fait dans les âmes inconnues. Faire vivre tout ça ou plutôt saisir la vie de chacun ! On fait un combat de Gladiateurs romains qu’on a jamais vus, avec des modèles parisiens; pourquoi ne pas faire des lutteurs de Paris avec la plèbe de Paris, dans cinq ou six siècles ce sera antique et les imbéciles d’alors les vénéreront.