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Jeudi 26 janvier 1882
Hier mariage de Mlle Dureau avec M. Henri de France, tout le clan bonapartiste et cet horrible Gavini qui a donné des billets de vendredi pour aujourd’hui. Et c’est aujourd’hui l’immense séance Gambetta. Nous y allons tout de même dans l’espoir de s’arranger mais il n’y a pas moyen, c’est une rage; Coquelin que nous rencontrons sur le perron dit qu’il a eu toutes les peines du monde pour obtenir un billet. Hecht nous voit causant avec l’ami de Léon. Comme j’étais tout habillée, maman et moi allons chez la marquise de Lambertye chez laquelle il y avait bal hier soir. Un bal comme tous les bals, j’avais une de ces toilettes extraordinaires queAh ! croyez-vous que j’ai la tête à cela. Si j’en parle c’est qu’il faut bien accorder aux choses la place qu’elles prennent mais je suis très tourmentée. Je ne fais rien !!
Cet engrenage désespérant où danser se fait volontiers complice de mon inaction est atroce ! On peut aller dans le monde et travailler et ce n’est pas une ou deux soirées... J’en ai toujours eues, des soirées de 3ème ordre il est vrai mais enfin celles du passé ou celles d’à présent c’est tout de même du temps dépensé le soir. Eh bien ce n’est pas ça qui m’empêche de travailler... Je n’ai pas d’atelier, ou on me dérange tout le temps, ce portrait de Nini, ce départ. Oui il faut partir, cela coupera court à ce gaspillage de la vie et en revenant prendre un atelier éloigné et travailler.