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Dimanche 22 janvier 1882
Hier soir nous sommes allés à l’Opéra-comique, Etincelle a envoyé une loge. On lui avait envoyé la veille une jardinière en Saxe remplie de fleurs. Maman, Dina, Nini, Paul, moi, Géry, Montgomery vint causer.Et aujourd’hui encore du monde et le père Géry. Ce noble vieillard possède une villa à Nice et nous l’offre si [nous] y allons cet hiver et cela avec une insistance telle qu’on peut accepter. Du reste ce fameux Gabriel non seulement je ne voudrais pas me trouver dans des petits coins avec lui mais encore il m’ennuie.
Je suis comme si j’étais honteuse de quelque chose. De quoi? Je n’en sais rien. Les Géry, la villa... le voyage à Nice... Je reverrai les tableaux de Bastien jeudi et jeudi soir je file à Nice ou je fais une étude en plein air, puis retour à Paris et reprise des « succès mondains » et surtout de travail... Mais il vaut mieux faire que dire ou écrire. Je suis possédée pour le moment par le Carnaval, je fais des esquisses au fusain, si on avait du talent ce serait beau à faire.
Je me suis frottee les mains a la palette salie de Bastien-Lepage et il m’a fait cadeau de deux pinceaux : je les planterai dans mon atelier et il en poussera du laurier.