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Vendredi 6 janvier 1882
Hier les grands étaient sortis et nous nous sommes amusés Paul, sa femme, Dina, moi et Bojidar àAujourd’hui nous allons toute la famille et Brisbane chez Carrier-Belleuse, je me mets si bien qu’il s’occupe tout le temps de mes tons. C’était amusant, je veux soigner les artistes... et emmener Carrier-Belleuse à Alger, il faudrait encore un poète et un musicien... Ça pourrait être drôle... Carrier-Belleuse, le fils du statuaire n’a pas un talent monstre vous savez, mais il a une qualité car si je ne me trompe, il me gobe comme peintre du reste rien de plus sensible et sensitif qu’un artiste... On craint même les ignorants, il y a je ne sais quelle note inquiète dans la voix, on est femme, on est enfant... L’Art même chez les plus humbles élève l’âme et fait qu’on a quelque chose de plus que ceux qui ne sont pas de la sublime confrérie.
La princesse est venue.
Melissano dîne dans l’intimité, nous avons été chez les Gavini. Tout ça m’embête. Je ne travaille pas bien, je vais comme un arabe aveugle jouant au coin d’une rue là-bas à Alger, au Maroc, au soleil, je ne sais ou, peinture, plein air... imbécile.