Dimanche 3 juillet 1881

[…] et priez Dieu. J’ai deux projets. D’abord je veux guérir par miracle, je veux prier Dieu et avant de partir faire un pèlerinage ici à côté il y a une Vierge qui fait des miracles. Vous pensez bien que je n’imagine pas cette image plus qu’une autre capable de faire des miracles mais on y va en priant beaucoup et Dieu vous entend.
Puis après le 20 nous irons en voyage en Italie. Cette année j’ai préféré la Patti mais l’année prochaine je voyagerais. La princesse Eristoff, moi, Dina, Paul et Nini. Pas de parents. Oh ! non, non, non...
Me figurez-vous le soir au balcon, une sérénade, la lune etc... Et les chers parents criant des bêtises non ! Et puis ce serait des tracas sans fin.
Comme Gabriel ressemble aux héros parfaits. Il ressemble très fort au physique à La Mole de la reine Margot et au vicomte de Bragelonne au moral... trop sage, trop tout à fait bien, c’est-à-dire enfin.
Est-ce donc possible que Cassagnac soit le vrai amour de ma vie ? Voilà bien quatre ans que je n’ai pensé à un autre ou plutôt et surtout que je n’ai cessé de penser à lui. Je pourrai même dire cinq ans, c’est-à-dire toujours sans l’ignoble folie pour Larderel.