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Lundi 13 juin 1881 - 1er juin
J’ai commencé une paysanne grandeur nature, debout, appuyée à une haie tressée avec des branches sèches comme un panier. On a mis de la paille et des planches par terre pour me préserver de l’humidité et on a placé là un petit pavillon ambulant composé de deux pièces, de sorte que je suis admirablement.Maman, Paul, Nini, papa, Michel, Dina et Sperandio restent là une partie de la journée. Dina s’est costumée en paysanne (le nez poudré), ça lui va mais elle a cet air inspiré, de défi, lascif, qui me dégoûte beaucoup. Je crois qu’il y a eu quelques flirtations avec Michel cet hiver car c’est évidemment à cause de son arrivée qu’elle a pris cet air aujourd’hui.
Michel est d’un froid glacial du reste. C’est égal c’est dégoûtant cette expression de visage et de corps, il y a là je ne sais quoi qui me cause comme de la honte, une sorte de souffrance, d’inquiétude. Michel a apporté des fleurs et à dessein a oublié d’en offrir à Dina. Il m’a apporté de la toile pour peindre et est aimable avec moi infiniment plus qu’avec elle parce que je suis absolument indifférente peut-être. Michel, le chat, Nini ou n’importe quoi; avec tout le monde la même bienveillance indifférente et presque dédaigneuse. ce n’est pas une cause
Je voudrais bien pouvoir dire que je me suis composée ce maintien mais je crois, parce que c’est mon sentiment. Je suis triste et découragée, ce qui me rend gênante
Ce soir nous avons joué à la roulette. Je tâche de faire n’importe quoi le soir pour ne pas lire, ce qui me fatigue les yeux.