Dimanche 23 novembre 1879

Je vais avec Berthe chez les Gavini. Une robe nouvelle en drap noir et un chapeau charmant et tranquille.
Il n’y avait que Valentine Pernety, Randouin, Chaudordy.
Mais nous restons très longtemps à causer de mes trois passions, le prince Jérôme, de Gambetta et d’un beau jeune homme. Nous finissons par emmener Chaudordy avec nous et le jetons à la porte du duc Decazes.
Les Mouzay et Mme de Bailleul dînent chez nous, Berthe aussi. Alexis arrive le soir.
Je suis en robe blanche, empire, Directoire, Récamier, ce qu’on voudra. Mais je suis très jolie, des lèvres de sang et un teint admirable. Je ne suis jamais ainsi quand cela vaudrait la peine... Nous nous retirons chez moi, Dina et de Daillens pour blaguer la chasteté d’Alexis qui est ahuri et flatté. Moi ça m’est égal, il y a des jours où il faut que je m’amuse. C’était insensé mais drôle.
L’Impératrice Eugénie a traversé Paris et y est restée une nuit et un jour. Les articles de journaux m’ont de nouveau tiré des larmes. La mère de l’impératrice est à la dernière extrémité.