Jeudi, 6 novembre 1879

Que vous dirai-je ? Faut-il encore me plaindre des lâches qui m’entourent. Moi, je ne puis rien ! Ma mère avait un instant l’idée d’aller en Russie et de tout arranger. Je suis bien naïve d’y avoir cru un instant.
Je suis condamnee. Et personne ne veut me sauver. Cette sensation affreuse de parler a des sourds, de crier dans un souterrain d’ou personne ne m’entend.
L’Art. Eh Pardieu ! Je sais, mais où avez-vous vu une célébrité au bout de deux années d’études ! L’Art me donnera une place quand j’aurait vingt-huit ou trente ans ! Car tous ces petits grands hommes connus à vingt-cinq ans ont commencé à aller dans les ateliers dès l’âge de quinze ou dix-sept ans. Ce qu’il me faut c’est quelque chose d’immédiat, j’ai vingt ans, presque vingt et un ans.
C’est bête de se débattre. Il n’a plus rien à faire. Oui, je le sais bien, mais je suis faible, je souffre et je pleure. C’est absurde puisque c’est inutile. Cela ne devrait pas être puisque cela ne sert à rien.
Je devrais m’en défendre... mais je suis lâche et je me pleure.