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Dimanche, 10 août 1879
Nous partons après-demain au plus tard.
J’ai envoyé ma photographie au prince Ouroussoff à qui je l’avais promise à Soden. Encore s’il me répond une lettre aimable je lui demanderai une lettre. En outre je vais dire à maman qu’elle en demande une aux Anitchkoff. La sculpture !
Quitter Paris, vivre ailleurs ! C’est impossible. Je voudrais seulement de temps en temps aller passer je ne sais combien de jours en Italie. On ne doit pas savoir combien de temps on y reste.
On y va et on est si heureux qu’on s’y oublie et puis un beau jour on est rappelé à la réalité et on revient à Paris. Voilà la vie. Je suis agitée par tous ces projets, plans, désirs, ambition !
La pauvre Berthe est venue et nous l’avons emmenée au Bois avec nous. Elle s’est presque invitée, elle est si triste. Son mari court ou passe son temps et se promène avec Mme Boyd. Mme Boyd est en tout d’accord avec lui, à eux deux ils font société à part et laissent la jeune femme toujours seule.
Berthe ne le dit qu’en riant, elle crierait même si on le lui disait crûment mais cela est visible et compréhensible à n’importe qui. Et si certains soupçons n’étaient absolument impossibles je ne sais pas ce que je penserais de tout cela. Si la faute était à la pauvre enfant elle ne viendrait pas ici toujours passer le temps avec des femmes. Elle aime son mari et serait la plus heureuse des femmes s’il voulait être bon pour elle. Il court avec MM. de Boishébert et de Rohan; ces deux messieurs qui lorsque je les ai nommés comme compagnons de Lancaster ont fait dire à Gavini : « Ah ! ha ! Alors il est clair que c’est un drôle. » Cette pauvre bête de Berthe a l’air si triste qu’elle me fait de la peine et que j’oublie l’affaire du masque.
Je n’ai rien à dire si ce n’est que je ne pense qu’à... au Défunt.
Si ! j’ai à vous dire qu’on a vu Petitphare à Mabille avec des femmes auxquelles il disait tout haut: « Je suis désolé de ne pouvoir vous inviter chez moi, mais vous comprenez mes petites quand on loge au Palais Bourbon ! ». Je le croyais presque pur et sans tâche. Ça me le gâte. C’était assez naïf de le croire pur... mais, cela allait avec son genre de beauté.