Dimanche, 30 mars 1879

Nous sommes allées prendre Mme Gavini pour aller au Bois.
Ma tante a eu un accès de joie en voyant le petit Arnaud et moi j’ai piqué un soleil comme au temps où je m’éprenais de noms ou de fortunes et des figures de jeunes gens que je rencontrais à la promenade ou au théâtre. Vous savez bien qu’il ne m’est jamais arrivé de regarder un homme sans savoir qui il était et même si cela m’arrive un jour je suis sûre que ce sera un homme bien. Ma pauvre tante jubile et se dit à part que tous mes tourments sont finis, que je vais épouser ce prince charmant et elle est heureuse car bien que passablement engourdies ces dames sentent légèrement ce que je souffre.
Moi, je serais sincèrement, naïvement, véritablement et profondément étonnée s’il m’arrivait la moindre chose agréable.