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Dimanche, 16 mars 1879
Coco, mort écrasé par une charrette devant la porte.
Quand je l’ai appelé à dîner on me l’a dit. Après le chagrin que m’a causé la perte du premier Pincio, remplacé par la Pincia actuelle, celui-ci me paraît moins... mais si vous avez un chien né à la maison, jeune, bête, joueur, laid, bon, gentil, venant vous sauter au cou et vous regarder avec deux yeux anxieux et inconscients comme ceux des enfants, vous comprendrez que la perte du mien me fait mal.
Où vont les âmes des chiens ? Ce pauvre petit être long, blanc, déplumé car il avait plus de poils sur le train de derrière que sur les épaules, une énorme oreille toujours en l’air et l’autre tombante; en un mot j’aime dix fois mieux un chien laid comme ça que ces affreuses bêtes qu’on paye cher.
Il ressemblait à un animal de l’Apocalypse ou à un monstre sculpté sur les toits de Notre-Dame.
Passons aux choses gaies. Nous sommes allées passer une heure chez les Gavini au milieu d’un tas de bonapartistes.
Chevreau, Menge de Louanne, Randouin et sa femme. Le vicomte Pernety et Mme Sarlande. Ces bonapartistes moitié débraillés moitié élégants, sentent on ne sait comment les Mousquetaires de Dumas.
Monsieur Pavon de l’ambassade du Chili, Argentine, Cacao ou Zanzibar est venu nous assommer pendant une heure.
Pincia n’a pas l’air de s’apercevoir qu’on lui a tué son fils, il est vrai qu’elle attend une nouvelle famille. Ils se nommeront tous Coco ou Coquelicot. Je crois qu’on dit que les chiens n’ont pas d’âme.
Et pourquoi ça ?