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Mardi, 4 mars 1879
J’ai été voir Mme Gavini et nous sommes sorties ensemble, elle a fait quelques visites et pendant ce temps-là j’ai lu des journaux dans la voiture.
Il y avait chez elle la comtesse Murat avec sa belle-fille.. Ah ! oui, M. Gavini est validé enfin ! On est au septième ciel. On parle avec enthousiasme du départ du Prince, et puis on pleure sur les dangers qu’il peut courir et on s’extasie sur son énergie. Il n’a consulté personne ! Il a bien fait, dit Mme Gavini, sa mère l’embêtait après tout !
Et puis si ces bons Zoulous mangent du Napoléon on ne sera pas trop désespéré. Lui mort, plus de parti, plus d’obligations, on se tourne vers cette coquine de République qui est après tout la sœur de l’Empire... et on a des places et les honneurs... Cassagnac dit que la Révolution a eu deux enfants, l’Empire qui est un homme et qui représente dignement la famille et la République qui est une fille qui a mal tourné.
A propos ! Paul court chez les journalistes pour imprimer quelque bonne chose sur le prince Eristoff. Aujourd’hui il a rencontré Cassagnac et ils se sont promenés ensemble et il lui a raconté son affaire et le grand homme a approuvé et s’est intéressé et en parlant a daigné charger Paul de ses salutations pour tout le monde et surtout pour Mademoiselle.
Mademoiselle revient du « Palais Royal » où elle est restée derrière sa tante à rire de la pièce. Mademoiselle est abrutie et la preuve c’est qu’elle va dans les théâtres pour voir des pièces, elle a besoin de s’étourdir. Mademoiselle est devenue laide, Mademoiselle n’a plus confiance en elle ni dans le présent ni dans le futur, Mademoiselle est arrivée à l’apogée de son bonheur ce qui la console car cela va changer d’une façon ou d’une autre. Et la peinture !!
Oui, comme la semaine est ébréchée elle va faire une nature morte.
Mademoiselle dit bien le bonsoir à M. de Cassagnac que Paul a trouvé « abruti, jaune, sale, tout à fait tombé, cela m’a même étonnée » et lui souhaite autant du plaisir dans ce monde qu’elle en a elle-même. Il y avait du moins une étincelle de vie quand elle pensait du bien du susdit Cassagnac mais à présent elle s’en moque pas mal et elle se demande ce qu’elle va faire... Se griser ou se pendre ?