Lundi, 30 décembre 1878

J’ai repris mon travail.
Antoine Gavini a dîné chez nous, ils cascadent avec Paul dans le quartier latin. Ce jeune Antoine vient de passer avocat, puis va plaider pour rien jusqu’à ce qu’il ait l’âge et enfin poser sa candidature. C’est un petit brun de vingt-deux ans, intelligent et bien élevé mais il ressemble à un hibou maigre.
On parlait du voyage que nous devions faire en Corse il y a deux ans pour m’acheter deux petits chevaux; et le jeune homme m’en offre de sa propriété. Voilà un gentil cadeau que j’accepte tout naturellement, ça vient un peu de sa tante je crois.
— Antoine vous reconduira, me dit-elle un jour, vous comprenez il faut s’y habituer puisque ça va arriver souvent. Antoine est comme mon fils, et si j’avais un fils vous pourriez parfaitement sortir avec lui, n’est-ce pas ?
Elle va, elle va; elle n’arrête jamais, plaint un mort, félicite un marié, salue à droite, à gauche, vite revient et c’est un vrai chemin de fer.