Mardi, 17 décembre 1878

J’ai rarement été si morne et si perdue. Paul se conduit bien et je le trouve même par trop sage. Hier seulement il est rentré la nuit, Mlle Oelsnitz dans son innocence l’attendait avec un souper et du thé comme elle a l’habitude de faire pour nous. Naturellement il n’a voulu rien prendre.
Je ne me repose qu’en travaillant et les deux heures qui me restent de liberté je les emploie à lire ou à sommeiller. Jamais, jamais je n’ai été aussi pendante, abrutie, découragée et sceptique. Rien au monde ne m’attache à rien au monde. Je travaille mais comme une machine.
Il faut faire une bonne étude et recevoir des compliments, cela me rattachera à la gloire artistique et me donnera une raison pour exister.