❦
Lundi 21 mai 1877
Hier à Monaco, Torlonia a dit à maman qu’Antonelli est mourant. Je lui avais bien dit qu’il n’avait que deux ans à vivre,- J’ai reçu une lettre de Larderel. Il est à Vienne.
Ah ! il est à Vienne. Au fait, cela m’est bien égal.
Hier Audiffret a dû renvoyer son cocher Nègre qui était depuis quinze ans chez lui.
- Ah ! Mademoiselle, dit Rosalie, que c’est triste quand on quitte une maison parce que les maîtres, ils ne peuvent plus vous garder ! Pensez donc ce pauvre Monsieur Audiffret qui est en appartement meublé après tant de richesse, après la tour, le palais ! Nègre avait les larmes aux yeux et Monsieur Emile s’est enfermé directement dans sa chambre bien vite, sans dire une parole. Ah ! Justine est bien triste, et cela m’a fait quelque chose à moi aussi. Malheureux ! il... pourrira.
Le théâtre on fermera, Des effets on disposera, Emile une perruque aura Et pourrira, et pourrira.
Cela s’est accompli de point en point.
Depuis le temps que je chante sur l’air de Malborough que :
M. le comte est mort Est mort et enterré.
Il aurait bien dû... mordre la poussière, c’est-à-dire éteindre son bec de gaz.
J’ai entrepris un grand travail, c’est un catalogue chronologique et historique de tous les écrivains du monde à partir de Moïse. Ce sera bien long, je veux tout lire par ordre. Je suis fantasque et pourtant toquée sur l’ordre, la symétrie, une exactitude mathématique. Je voudrais que tout fût étiqueté et numéroté.