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Jeudi 19 avril 1877
Voilà le résumé des cartes tirées par Bihovetz. C’est très curieux, il devine quelque chose que personne ne sait outre Rosalie et moi, et qui est encore à l’état de vague projet.Voici la partie principale de la lettre de ma tante que je ne résiste pas au désir de traduire:
Lettre recopiée · Lettre de la tante de Marie (Mlle Babanine), extrait traduit par Marie, avril 1877“Est-il possible que Marie pense à Bijou ? Ce vaurien, ce malfaiteur, ce misérable ! Il est connu de tous comme le plus vil et le plus mauvais sujet, le plus bas coquin ! Voilà quand nous sommes véritablement malheureux ! Voir Marie amoureuse de cette abomination ! Sans doute, il est revenu, pour triompher !C’est un homme auquel devrait être interdit l’accès d’une maison où il y a des jeunes filles. Sans compter les commentaires qu’on fera en voyant chez vous un pareil homme ! Si vous saviez comme je suis malheureuse en pensant à cela ! Partez de Naples, il vaut mieux qu’elle cesse de le voir.Quel malheur mon Dieu !Sans doute, on n’a que des souffrances lorsqu’on ne cherche comme vous que de la m......”
Ça suffit n’est-ce pas ?
Il n’est pas venu. Je suis très contrariée... toutes les démarches que j’ai faites me forcent plus que jamais à avoir une explication.
Campomarino, Caracciolo, Schettino, Melissano, Zunica et Marcuard qui va mieux, sont chez nous. On a beaucoup ri et quand j’ai dit qu’une dame avait perdu son pendant hier, on m’a demandé si le baron Callotti était là. Oui, ai-je répondu.
- Oh ! il n’y a rien d’étonnant ! et on m’a expliqué que Callotti était connu gettattore qu’il a eu je ne sais combien de duels à ce propos... enfin, je vous assure qu’à entendre tout le monde raconter sérieusement de pareilles choses on finit par y croire soi-même.
Melissano revient de Pompéi où il a dîné, c’est-à-dire déjeuné; il y avait un déjeuner officiel de quatre cents personnes avec la princesse Marguerite, le prince; on a bu en prononçant des paroles émues, c’était charmant, il pleuvait à verse ce dont la princesse s’est beaucoup amusée.
Je suis la plus misérable des femmes en pensant qu’on me hait comme je haïssais Bruschetti.
Cette idée me tourmente, les cartes disent que c’est vrai. Suis-je assez abrutie !!!