Ces dames se disposaient d’aller perdre agréablement quelques misérables centaines de francs à Monaco. Je les ai ramenés à la raison par un discours des plus amers, et nous sommes allées, moi et maman (en panier) nous montrer au grand jour, puis chez Mme de Ballore qui est si aimable et que nous négligeons comme des mal-élevés.
Je n’ai pas de chance, voilà des dames qui, si vous vous souvenez, devaient nous faire entrer à la Préfecture, ces dames, dis-je, ne peuvent plus sortir attendu que Jeanne plaide en séparation avec son affreux mari. Si j’avais le temps je raconterai quelques fragments des horreurs qu’on raconte en ville de cet homme.
J’ai imaginé une sorte de réunion pour samedi, aussi voyant Barnola l’arrêtai-je. Il était avec le beau Diaz de Soria, le chanteur incomparable. Je l’invite lui aussi puisqu’il a fait une visite. Seulement je lui ai dit un tas de non sens parce qu’il parle tout à fait comme quelqu’un (je ne sais pas du tout qui) que je connais, et il m’a semblé voir un ami.
Je suis bien disposée pour aller dans l’avant-scène gauche au rez-de-chaussée, au Théâtre français, entendre où Agar, de la Comédie française, dans une représentation. J’ai entendu “ Les Horaces”1. Le nom de Rome a vingt fois retenti à mes oreilles d’une façon superbe et sublime. Rentrée j’ai lu Tite-Live. Les héros, les plis des toges... le Capitole, la Coupole... le bal masqué, le Pincio...
O Rome !
Notes
Agar (Marie-Léonide Charvin, 1832-1891), tragic actress of the Comédie-Française. Les Horaces is Corneille’s tragedy Horace (1640), set in early Rome and drawn from Livy (Tite-Live), whom Marie reads that night.↩