Journal de Marie Bashkirtseff

## Mardi 19 décembre 1876
Puis j'emmène Collignon chez moi et nous causons de mes affaires... longuement... alors je ne veux plus rien voir que Rome. De sorte que, de retour du théâtre où l'on donnait "La Créole" et où [nous] avons eu Bihovetz, Ricardo et Lubimoff, je suis décidée. *Proclamation.* Il faut utiliser mon père pour Rome tant qu'il est là, à Nice cela viendra encore. Quand je serai... comment dire ?... Posée à Rome je pourrai aller où il me plaira et retrouver M. Paul de Cassagnac puisque cela me fit plaisir. Donc, arrêtons ce qui suit.
Nous écrivons à maman pour éviter des explications et... des discours inutiles ce billet: "Allez à San Remo, ou ailleurs, [là où il faut enfin, et faite que M. Bashkirteff aille avec nous à Rome. C'est décidé définitivement] Je ne veux rien d'autre. Je vous donne cinq jours. Marie." Et à présent... Mon Dieu calmez-moi.
N'est-ce pas dommage qu'un loyal homme comme Bruschetti me déplaise tant. Je me rappelle toujours avec plaisir sa noble phrase quand, en réponse à sa demande, je lui dis qu'il ne me connaissait pas. Phrase à laquelle je n'ai pas fait attention. - Mademoiselle, dit-il, c'est à vous de prendre des renseignements sur mon compte car c'est le mari qui donne le nom et la position à la femme. Je vous aime et cela me suffit. [//]: # ( 2025-07-22T22:25:00 RSR: Entry extracted from book 9 raw carnet, lines 8020-8047. Marie's decisive moment - she formulates her "Proclamation" for Rome after lengthy discussions with Collignon. The theater visit to "La Créole" crystallizes her resolution. Her strategic thinking is clear: use father's presence to secure Rome, establish herself there, then pursue other ambitions including reconnecting with Cassagnac. The ultimatum letter to her mother is stark and imperious - five days to arrange Rome or else. The divine appeal for calm shows her excitement and anxiety. Her reflection on Bruschetti's honorable marriage proposal reveals her complex feelings about suitors - respecting his nobility while unable to overcome personal aversion. His phrase about husbands giving wives name and position demonstrates 19th-century marriage conventions, while his simple "Je vous aime et cela me suffit" shows genuine feeling she cannot reciprocate. The entry captures Marie's determination to take control of her destiny through strategic family manipulation. )