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# Lundi 5 décembre 1876
Lundi 5 décembre 1876
J’ai relu Rome. Où avais-je puisé tant d’audace et tant de canaillerie ? Je voudrais m’étrangler pour m’avoir jetée dans une aussi sale, sale est le mot, affaire.
Nos conversations sont révoltantes, je le hais et je me hais car c’est moi qui l’ai fait.
Comme divertissement toujours les Anitchkoff ou le Général.
Walitsky et ma tante ont passé la soirée à me persuader que mes calculs ne servaient à rien, qu’Alexandre volerait tout et que nous n’avions qu’à nous casser la tête.
J’ai écrit trente lettres. Une en réponse à mon père et celle-ci est assez adroite. Je me montre indignée des cancans de Nice car on dit qu’il m’a fait payer quand je suis allée pour le voir.
A mon âge, avec mon éducation, ma figure et mon caractère je suis enfermée comme dans une prison. Pire ! Je suis au ban de la société. Les demoiselles Howard parlent de moi avec un grand intérêt et beaucoup de compassion II!!
Il me semble que je meurs...
J’ai fini à grand peine la « Jeunesse du roi Henri » par Ponson du Terrail, tous les huit volumes.
Ah ! si je l’avais lu avant ! Quel livre instructif ! Comme je me conduirais bien si je comprenais les allusions si fréquentes du Moine à la « Jeunesse du roi Henri ». M’en a-t-il assez parlé... Et je ne savais rien.
C’est le cours complet de son éducation et même son français a été appris dans ce livre.
O Grand Ponson !