# Jeudi 1er décembre 1876

Jeudi 1er décembre 1876

Hier à neuf heures nous avons quitté Paris. Maman avec ses trente-six paquets me réduisait au désespoir. Ces cris, ces alarmes, ces boîtes sont d’une bourgeoisie écœurante. Enfin.
Ce matin à Marseille je fus prise de vertige de retourner dans cette Nice si belle et que je suis obligée de haïr.
Le soir nous arrivions. J’étais contente car le sort nous avait octroyé deux Antibois qui nous prirent pour des Russes à leur premier voyage et nous firent les questions les plus naïves.
M. et Mme Anitchkoff et leurs enfants avec ma tante, Walitsky et Trifon nous attendaient. Ces excellents Anitchkoff.
Ils sont tristes à périr mais je les adore. Jamais il n’y eut de gens plus honnêtes et plus droits, plus aimants et plus dévoués.
Comme j’ai engraissé il n’y eut pas trop de cris.
Pendant le dîner survint le général Bibi. Un charmant, qui rit et s’amuse de tout comme un enfant. Je lui apporte des cigarettes, chacune timbrée à son nom. Cette attention délicate le charme. Walitsky, ma tante et Barnola auront le même cadeau.
Je suis de nouveau dans mon paradis bleu. Ah ! quel dommage... C’est si joli chez moi et mes yeux reposent sur des objets gracieux et riches... et je dois partir !!