Vendredi, 18 août 1876 (6 août)

Hier au soir j’allais me coucher, mais la lettre de Pietro sur la table me fascinait, je la pries et je l’appuyais contre mes lèvres avec violence.
J’étais très pâle et fatiguée.
Il aurait mieux valu se coucher plus tôt, cet incident ne se serait pas produit.
Il devait y avoir une grande réunion de voisins, mais la pluie tombe depuis le matin, et ces bons seigneurs et dames regardent à deux fois avant d’entreprendre un voyage de dix à trente kilomètres par un pareil temps, aussi n’y eut-il en fait de monde que Dina qui n’était pas partie, les deux Hamalia (pour parler à la petite-russienne) et vers le soir Mme et Mlle Tarnowsky.
J’ai observé ce soir et j’ai remarqué.
C’est incroyable de combien les Russes sont plus lourds que les Français quant aux petits jeux d’esprit. Il a fallu s’enrouer pour un tour de « papiers ». Et on n’a jamais pu comprendre pourquoi on était sur la sellette. Ma tante Marie se reposait entièrement sur moi et j’eus le plaisir d’amuser le salon. On improvise un cotillon avec une bougie, un parapluie, un coussin et une clochette.
A une heure on se mit pour la cinquième fois à table.